COP21: Les dessous de «l’équipe de France»

CLIMAT On est allés voir comment travaillent les Bleus au Bourget…

Au Bourget, Audrey Chauvet

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Laurence Tubiana, l'ambassadrice française pour les négociations sur le climat aux côtés de Laurent Fabius (C) et du ministre indien de l'Environnement Prakash Javadekar le 20 novembre 2015 à New Dehli
Laurence Tubiana, l'ambassadrice française pour les négociations sur le climat aux côtés de Laurent Fabius (C) et du ministre indien de l'Environnement Prakash Javadekar le 20 novembre 2015 à New Dehli — PRAKASH SINGH AFP

Si la COP21 était une coupe du monde de foot, on serait déjà en demi-finales : il ne reste plus que trois jours avant de savoir si les délégués présents au Bourget (Seine-Saint-Denis) vont parvenir à un accord permettant de limiter le réchauffement climatique à 2 voire 1,5°C. Comme au foot, les délégués doivent être endurants, former des équipes soudées et parfois maîtriser l’art de la feinte pour faire passer des compromis dans le texte de l’accord. Avant de savoir si le but final sera marqué ce vendredi, 20 Minutes est entré dans le Clairefontaine du Bourget, les bureaux de la présidence française de la COP21 (en « zone bleue », comme par hasard), pour prendre le pouls de « l’équipe de France ».

La zone des bureaux de la présidence française. (A.Chauvet/20Minutes)

Composition de l’équipe

Ils sont une centaine sur le terrain, hommes et femmes, fonctionnaires ou contractuels. D’où viennent-ils ? Majoritairement de deux gros clubs : le ministère des Affaires étrangères et le ministère de l’Ecologie. Pour quelques postes plus pointus, des transferts ont eu lieu avec le ministère de l’Economie ou de l’Agriculture. Auparavant, ils ont joué chez les poussins dans des facs de droit, à Sciences Po ou dans des cabinets de conseil.

Qui est le coach ?

Il y a trois personnes à la tête de l’équipe :

- le président : Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et président de la COP21, qui s’entretient au plus haut niveau avec les autres équipes

- l’entraîneur : Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie et chef de la délégation française, qui a pour mission cette semaine d’échauffer les ministres des autres pays pour parvenir à un accord

- le capitaine, toujours sur le terrain : Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations, qui se reconnaît à ses Converse, rouges ce mardi : « J’en mettrai des différentes chaque jour, j’en ai treize paires, plus que le nombre de jours de COP ! », déclarait-elle au Monde.

L’équipe est-elle en forme ?

« J’ai dormi quatre heures cette nuit », nous confie une d’eux. « Selon les jours, je me lève à 5 heures ou je me couche après minuit », avoue son coéquipier. « On est fatigués », avoue une autre. Heureusement, les coachs savent que les COP sont des moments épuisants : un coin dodo est installé dans les bureaux de la présidence française. Malgré le peu de répit qu’ils ont pendant ces quinze jours, les joueurs gardent le moral car ils sentent qu’une victoire est possible.

Une journée type de l’équipe

Tous logés dans un hôtel à Roissy, les membres de l’équipe de France rejoignent le Bourget à 7h dans leur bus. A 8h, c’est le comité de direction : tout le monde se réunit pour ce point quotidien qui donne le programme de la journée. Puis, chacun va rejoindre l’exercice qui l’attend : quatre groupes de travail ont été formés pendant cette deuxième semaine. Selon leurs spécialités, les membres de l’équipe de France vont donc participer aux discussions sur le financement, la différenciation, les objectifs de long terme ou l’action pré-2020. Quatre à cinq personnes sont sur chaque sujet et aident les « facilitateurs », sorte d’arbitres des débats, à trouver des consensus. A 19h, le « Comité de Paris » se réunit pour faire le débrief de la journée.

L’équipe de France a-t-elle des chances de gagner ?

Ce qu’il y a de beau dans cette COP, c’est que si la France gagne, le monde entier gagne : l’objectif de la présidence française est de parvenir à un accord mondial pour limiter le réchauffement climatique. Tout le monde semble prêt à jouer le jeu et à laisser la France marquer. Ce vendredi, Laurent Fabius pourrait bien brandir le texte de l’accord comme on brandit une Coupe du monde.