COP21: une ambition forte dans les énergies vertes «renforcerait» l'accord

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Le directeur général de l'IRENA, Kenyan Adnan Amin, à Yucatan, Mexico, le 27 mai 2015
Le directeur général de l'IRENA, Kenyan Adnan Amin, à Yucatan, Mexico, le 27 mai 2015 — ELIZABETH RUIZ AFP

L'accord universel qui doit être signé cette semaine à l'issue de la conférence internationale sur le climat de Paris serait renforcé s'il mentionnait une ambition forte autour des énergies renouvelables, selon Adnan Amin, directeur général de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena).

QUESTION: Est-ce que l'accord de Paris devrait faire référence à la perspective d'avoir 100% d'énergies renouvelables ?

REPONSE: «Les énergies renouvelables se développent déjà sans accord. L'introduction d'une perspective sur les renouvelables renforcerait l'accord mais son absence ne les ralentira pas. Le modèle économique des énergies vertes a beaucoup progressé ces cinq dernières années. On peut désormais développer l'économie, l'emploi, la prospérité et en même temps décarboner l'économie. Pour la première fois l'an dernier nous avons eu une croissance économique mondiale mais sans croissance des émissions de CO2, ce qui correspond au scénario de découplage que nous souhaitons et les renouvelables auront un rôle important en ce sens.»

Q: Et une référence à une sortie des énergies fossiles ?

R: «Il y a beaucoup de pays qui sont des producteurs d'énergies fossiles et leur futur est toujours très lié aux fossiles. Donc, nous ne pourrons pas atteindre un consensus sur un sujet comme celui-là. Mais ce que nous pouvons faire c'est avoir une discussion rationnelle sur le remplacement des fossiles. Par exemple, il est tout à fait légitime d'évoquer une sortie du charbon. En ce qui concerne le pétrole, il n'est plus très présent dans la production d'électricité mais ce n'est pas le cas dans les transports. Là, nous avons besoin d'une solution sur la mobilité électrique, associée à des énergies renouvelables. Nous devons trouver un moyen de commencer à réduire l'utilisation du pétrole dans le secteur énergétique.»

Q: La question du financement est un des points d'achoppement de la négociation. Dans la mesure où l'essentiel du développement des énergies renouvelables aura lieu à l'avenir dans les pays émergents, est-ce un point essentiel pour vous ?

R: «Pour les négociateurs, ce qui est important c'est le financement public afin de faire en sorte de réussir la collaboration nord-sud pour atteindre les objectifs sur le climat. Concernant les énergies renouvelables, le financement public est important mais il ne représentera que 15% de ce qu'il est nécessaire d'investir, et cette part servira surtout à réduire les risques financiers, c'est-à-dire à garantir les financements privés et ainsi réduire le coût du financement. L'essentiel doit venir du secteur privé et cela est faisable car le modèle économique existe aujourd'hui, les renouvelables étant compétitives avec les énergies fossiles dans de plus en plus de pays. Mais nous avons la barrière de l'investissement car les énergies renouvelables exigent un investissement initial très important alors qu'ensuite, en production, les coûts sont quasi nuls.»