COP21: Les points qui bloquent les négociations

CLIMAT Les ministres reprennent la main ce lundi avec quelques points cruciaux à régler…

Audrey Chauvet

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Le site de la COP21 au Bourget, le 2 décembre 2015
Le site de la COP21 au Bourget, le 2 décembre 2015 — MIGUEL MEDINA AFP

Ils ont encore du pain sur la planche : ce lundi, les ministres de l’Energie ou de l’Environnement des 195 pays membres de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) reprennent la main des négociations. Leur objectif : parvenir ce vendredi à un accord mondial permettant de limiter le réchauffement climatique à2°C. Malgré l’optimisme qui souffle sur la COP21 et les avancées de la première semaine de négociations, quelques points cruciaux restent à régler.

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Le financement

Les pays en développement veulent bien faire des efforts, mais à condition qu’on les aide : le fonds vert qui devait recueillir 100 milliards de dollars par an à compter de 2020 reste encore flou. Même si les promesses de dons des pays développés atteignent 62 milliards, l’utilisation des fonds et les modalités de gestion restent à définir. Les pays qui bénéficieraient de cet argent demandent des garanties sur le versement et aimeraient que les sommes soient révisées régulièrement après 2020.

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La révision et le caractère contraignant des engagements

L’accord qui doit être signé à la fin de la semaine devrait prévoir la fréquence à laquelle les engagements des Etats seront révisés. Si l’on s’engage sur une révision tous les 5 ans, « la date de la première révision reste floue », constate la Fondation Nicolas Hulot. Or, si les contributions de chaque pays ne sont pas révisées, elles « nous mettent sur une trajectoire de 3°C, rappelle France Nature Environnement. En l’état, le projet d’accord acte donc l’échec de l’objectif principal de cette COP21 : limiter le réchauffement planétaire à 2°C. » Pour compliquer encore les choses, certains pays particulièrement menacés par le réchauffement climatique demandent que l’objectif soit rabaissé à 1,5°C.

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Quant au caractère contraignant de l’accord, il ne convainc personne : les Nations unies n’ont aucun pouvoir de contrainte sur les Etats, l’idée de sanctions en cas de non-respect pousserait certains à claquer la porte et l’idée de François Hollande d’installer un « conseil de sécurité » pour faire respecter les engagements mettrait des années avant de devenir réalité. « La contrainte, ce sera l’obligation de transparence, la pression des pairs, l’effet sur la réputation », résume la négociatrice française Laurence Tubiana.

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La différenciation

Qui paye quoi, c’est ainsi qu’on pourrait résumer l’épineux problème des responsabilités différenciées. Les pays qui ont le moins contribué au réchauffement climatique ne veulent pas être mis à la même enseigne que les pays industrialisés qui s’en sont donné à cœur joie avec leurs usines depuis plus d’un siècle. Mais de leur côté « certains pays développés veulent que soit indiqué, dans l’article sur les financements, que tous les pays qui le peuvent doivent contribuer », explique la Fondation Nicolas Hulot.