COP21: Sans être encore probantes, les négociations ont fait de gros progrès

CLIMAT Les délégations réunies au Bourget depuis lundi doivent rendre un premier texte à Laurent Fabius samedi…

Au Bourget, Audrey Chauvet

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A l'entrée d'un auditorium de la COP21, le 2 décembre 2015 au Bourget
A l'entrée d'un auditorium de la COP21, le 2 décembre 2015 au Bourget — DOMINIQUE FAGET AFP

Ce sera bientôt le moment de passer le relais: samedi, les délégations nationales réunies au Bourget (Seine-Saint-Denis) rendront au président de la COP21, Laurent Fabius, un premier texte de l’accord visant à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés. Ce texte sera ensuite confié aux ministres de l’Energie ou de l’Environnement des 195 pays représentés, qui reprendront la main dès lundi. Un texte ou deux car, pour le moment, deux brouillons parallèles circulent: le premier compile les différentes options proposées par les pays, le second intègre les propositions de rédaction de compromis. En clair, dans le second texte se trouvent les mots qui pourraient venir remplir les trous du premier.

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« Seulement » 750 crochets

Cela semble peu efficace et pourtant, cette méthode inédite pourrait nettement faciliter le travail des ministres la semaine prochaine: « Nous ne sommes pas du tout dans le scénario de Copenhague, où un second texte, complètement déconnecté du premier, avait été rédigé en secret par quelques-uns, en dehors des salles de négociation, commente la Fondation Nicolas Hulot.  A Paris, il y a donc pour l’instant deux versions du projet de texte, mais servant à préparer le même accord au final. »

Même si « le compte n’y est pas encore », comme l’a reconnu Laurent Fabius ce vendredi, le premier texte, qui fait maintenant 48 pages, a déjà été épuré : de plus de 1.400 crochets, donc de formulations en débat, on arrive ce vendredi à « seulement » 750. Pour une négociation onusienne, c’est un pas de géant. « Le texte doit enregistrer de nouveaux pas vers le compromis », a poliment commenté le ministre des Affaires étrangères, qui insiste, à l’image de toute la présidence française de cette COP, sur le fait que l’accord n’est pas l’alpha et l’oméga de cette conférence. Alliance pour le solaire, mobilisation des acteurs financiers, engagements des collectivités locales… Si les négociations échouent ou n’aboutissent qu’à un compromis mou, tout ce qui se sera passé à côté pourrait être une consolation.

Contraignant… pour ceux qui veulent

S’il est encore trop tôt pour augurer de l’issue de cette conférence sur le climat, l’accord « ambitieux et contraignant » que voulait la présidence française ne se profile pas encore. « Sur les questions cruciales d'atténuation et de financements climat aucune nouvelle option importante de compromis n’a encore émergé, reflétant le fait que les pays n’abattront pas leurs cartes avant la semaine prochaine », estime l’ONG Oxfam.

Quant au caractère contraignant de l’accord, il fait doucement sourire les observateurs : les Nations unies n’ont aucun pouvoir de contrainte sur les Etats, l’idée de sanctions en cas de non-respect pousserait certains à claquer la porte, comme ils l’avaient pour le protocole de Kyoto, plutôt que de se faire punir, et l’idée de François Hollande d’installer un « conseil de sécurité » pour faire respecter les engagements mettrait des années avant de devenir réalité. «La contrainte, ce sera l'obligation de transparence, la pression des pairs, l'effet sur la réputation», résume la négociatrice française Laurence Tubiana.

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