COP21: La société civile, si proche et si loin des négociations officielles

REPORTAGE L’espace « Génération climat » a ouvert ce mardi à quelques mètres des salles de négociations…

Au Bourget, Audrey Chauvet

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L'espace "Générations climat" a ouvert ses portes le 1er décembre au Bourget.
L'espace "Générations climat" a ouvert ses portes le 1er décembre au Bourget. — A.Chauvet/20Minutes

La COP21, c’est un peu comme le festival d’Avignon : il y a le « in », où les manifestations officielles (souvent ennuyeuses) rassemblent du  beau monde, et le « off », où les badauds peuvent facilement venir se réjouir devant des spectacles plus accessibles. C’est ce « off » qui a ouvert ses portes ce mardi au Bourget, sous un chapiteau de 47.000m² dressé à côté des halls où se tiennent les négociations officielles. Assez près pour ne pas se sentir mis à l’écart, mais assez loin pour ne pas poser de problème de sécurité : l’espace « Générations climat » dédié à la société civile a été le seul dont l’annulation a été envisagée après les attentats du 13 novembre.

Mais ce mardi, ils étaient finalement tous là pour inaugurer ce lieu de rencontre entre 340 organisations, ONG, associations environnementales et humanitaires, artistes, entreprises, régions, institutions comme l’UNICEF ou l’Agence française de développement… Pendant que Ségolène Royal salue la société civile, « souvent en avance sur les politiques », l’ambiance est bon enfant : des représentants des peuples indigènes se baladent en tenue traditionnelle, des ateliers sur le « bénévolat nature » s’organisent et la musique résonne grâce aux efforts des cyclistes.

Un atelier sur le bénévolat nature, sur le stand de la Fondation Nicolas Hulot le 1er décembre 2015. (A.Chauvet/20Minutes)

« La conférence est encore plus cloisonnée que prévu et c’est dommage »

« Je pédale depuis 30 minutes », arrive à dire Julius, qui transpire pour faire marcher le « sound system ». Venu de Lagos, au Nigeria, il est à Paris pour nouer des contacts qui pourront l’aider dans ses projets de « business durable » dans son pays. Il aurait aimé que la société civile puisse être plus proche des participants badgés à la COP21, mais « peut-être que les officiels viendront voir ce qui se passe ici », sourit-il.

Julius ne s'est pas du tout entraîné mais pédale vaillamment pour faire marcher la sono. (A.Chauvet/20Minutes)

« Pour l’instant, les officiels, on ne les voit pas », reconnaît Jacques-Olivier Barthes, du WWF France. Hormis la visite de François Hollande et de la ministre de l’Ecologie ce mardi pour l’inauguration, les associations n’ont pas encore eu de véritable contact avec les délégations. « On a du mal à voir comment agir directement auprès des négociateurs, estime Elise Gautier, responsable des événements de Surfrider, une association qui milite pour la protection des océans. Les événements à Paris ont fait que la conférence est encore plus cloisonnée que prévu et c’est dommage car on voulait montrer aux négociateurs que beaucoup de gens se mobilisent pour le climat. »

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Ecoute et observation

Faute de pouvoir intervenir directement dans les allées officielles, les associations ont trouvé d’autres moyens de pression : « Nous espérons que les plaidoyers et pétitions vont remonter jusqu’aux délégations, poursuit Elise Gautier. Nous avons l’impression de travailler en parallèle et de ne pas réussir à s’entendre. » Faute de s’entendre, on s’observe : le Réseau Action Climat (RAC) a envoyé quatre représentants dans les débats officiels, accrédités en tant qu’ «observateurs ». La présence du RAC à « Générations climat » a donc plutôt pour but de sensibiliser le grand public : « Le travail sur un accord est un important mais toutes les actions ne sont pas dedans : au niveau local et individuel, les actions des élus et des citoyens sont aussi importantes », estime Cyrielle Denhartigh, chargée de mission climat au RAC.

Elaine Tuaine Marsters arrive des Iles Cook, dans le Pacifique. (A.Chauvet/20Minutes)

Tous espèrent que l’espace « Générations climat » attirera les curieux en fin de semaine pour montrer aux dirigeants que le climat est un sujet qui mobilise largement et qui n’oppose pas nécessairement : « Je suis là pour soutenir mon Premier ministre, lui dire qu’il n’est pas seul », sourit Tuaine Elaine Marsters, venue avec sa belle couronne de fleurs des Iles Cook. « Votre président François Hollande est à l’écoute, j’ai confiance que l’on parvienne à un accord. » De ce côté du Bourget, on garde le sourire.