Le Japon reprend la chasse à la baleine dans l'Antarctique

ANIMAUX Malgré un tollé international, le Japon va envoyer des baleiniers en Antarctique, officiellement en mission de recherche...

20 Minutes avec AFP

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Une baleine morte est lavée dans la baie d'Omura, à Nagasaki, au Japon, le 25 novembre 2015.
Une baleine morte est lavée dans la baie d'Omura, à Nagasaki, au Japon, le 25 novembre 2015. — /NEWSCOM/SIPA

Dans un esprit pas très COP21, le Japon va reprendre la chasse à la baleine dans l’Antarctique. Après un an de suspension, Tokyo va envoyer mardi des baleiniers « de recherche » dans l’Antarctique, malgré un tollé international.

Une mission scientifique ?

Officiellement, il s’agit d’une mission de recherche selon Tokyo. Mais les Nations unies avaient estimé en 2014 que ces activités cachaient en réalité une chasse commerciale. L’Agence japonaise de la pêche a précisé que les navires « partiront pour cette nouvelle mission de recherche dans l’Antarctique le 1er décembre 2015 ». La mission se déroulera de fin décembre 2015 à début mars 2016. Un « bateau mère » et trois autres embarcations embarqueront des équipages de 160 personnes au total.

En mars 2014, la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l'Australie, a jugé que le Japon détournait à des fins commerciales une activité présentée comme étant destinée à la recherche animale. Depuis, le Japon a soumis un nouveau programme à la Commission baleinière internationale (CBI). Le pays prévoit de capturer 3.996 petits rorquals (aussi appelés baleines de Minke) en Antarctique au cours des douze prochaines années, soit 333 par saison. Son précédent programme prévoyait d'en capturer 900 par saison.

Pour Tokyo, ce programme est «nécessaire» afin de collecter des informations sur l'âge de la population baleinière, données dont le Japon dit avoir besoin afin de définir un plafond de captures permettant de ne pas menacer la survie de l'espèce.

Une décision très critiquée

Mais le gouvernement australien a aussitôt condamné ce plan. «Nous gardons les options ouvertes sur la réponse à y apporter», a réagi une porte-parole du ministre de l'Environnement, Greg Hunt. «Nous n'acceptons en aucune manière le concept de tuer des baleines à des fins soi-disant scientifiques», avait auparavant assuré Greg Hunt.

Les organisations de défense des animaux n'ont de cesse de dénoncer cette chasse à la baleine. L'association Sea Shepherd a déjà annoncé que son bateau, le Steve Irwin, amarré à Melbourne, prendrait la mer dans la semaine pour empêcher «toute activité illégale», même s'il lui faudra avant localiser la mission japonaise dans le vaste océan. «J'espérais vraiment que la décision de la Cour internationale de justice offrirait une porte de sortie honorable au Japon», a souligné le directeur de Sea Sheperd, Jeff Hansen, qui fustige «une décision très décevante».

Face aux menaces de l'ONG, le gouvernement japonais a dit «renforcer les mesures de sécurité pour protéger son équipage».