«Si on plante beaucoup d’arbres, on aura moins de soucis»: La leçon d'écologie des enfants

EDUCATION Pendant toute la durée de la COP21, «20 Minutes» vous propose de découvrir des solutions concrètes pour diminuer les émissions de CO2 et s’adapter aux changements climatiques…

Audrey Chauvet

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Les élèves de CM2 de l'école primaire Olivier de Serres (Paris 15e) plantent des bulbes.
Les élèves de CM2 de l'école primaire Olivier de Serres (Paris 15e) plantent des bulbes. — A.Chauvet/20Minutes

« Et les épinards qu’on mange à la cantine, ils viennent d’ici ? » : lorsque les CM2 de l’école Olivier de Serres, dans le 15e arrondissement de Paris, entrent dans la serre de leur école, leurs yeux s’écarquillent. Ils retrouvent les bulbes qu’ils ont planté il y a quelques mois, le compost plein de vers de terre et les arrosoirs avec lesquels certains aimeraient « se nettoyer ». Mais ni pagaille ni jet de terre à déplorer : le jardinage, c’est sérieux.

« Plus tard on aura une belle planète toute propre avec plein de fleurs »

« On plante des bulbes ou des graines, on ratisse la terre dans le jardin », « On a décoré des pots et planté des petits radis dedans », sont fiers de nous annoncer les élèves de Valérie Rguieg. Cette maîtresse à la main verte a lancé son école dans un projet écologique en 2008. Depuis, l’école élémentaire a obtenu le label « Eco-école » qui récompense les initiatives d’éducation à l’environnement. Le résultat est bluffant : les enfants de 9 ou 10 ans  en savent plus sur le climat que bon nombre d’adultes.

Les élèves de CM2 ont des leçons sur le réchauffement climatique. (A.Chauvet/20Minutes)

 « Ecologique, ça veut dire qu’il y a moins de CO2, nous explique Joshua, 9 ans. Si on plante beaucoup d’arbres, on aura moins de soucis pour la COP21 parce que les arbres transforment le CO2 en oxygène et ça fait du bois pour construire des maisons, ça évite d’avoir besoin de pétrole ou de plastique. » Joshua, qui se verrait bien botaniste quand il sera grand, est capable de nous expliquer l’effet de serre sans hésitation. Sa camarade a une explication moins scientifique mais tout aussi valable : « Ecologique, ça veut dire qu’on gaspille pas et que plus tard on aura une belle planète toute propre avec plein de fleurs, parce qu’en plus c’est joli les fleurs. »

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Récup et énergie solaire

Aujourd’hui, ce sont des bulbes de narcisses et de tulipes que les enfants vont mettre en pot. Dans les autres classes, le développement durable peut être abordé via les arts plastiques, la littérature ou la science selon la sensibilité de l’instituteur. Autour de ces activités, la maîtresse rappelle des notions vues en classe : réchauffement climatique, effet de serre, cycle de l’eau… « Est-ce qu’on peut vivre sans les plantes ? », interroge Valérie Rguieg. Des signes de tête négatifs et unanimes lui répondent. « Les plantes, ça peut nous aider à respirer », rappelle Zeinab, 10 ans. 

La maîtresse Valérie Rguieg dans la cour de l'école Olivier de Serres. (A.Chauvet/20Minutes)

L’éducation à l’environnement ne s’arrête pas au seuil de la serre. L’école, équipée de panneaux photovoltaïques, a intégré l’écologie dans les plus petits gestes. « Pour le cahier du jour, on change pas de page pour écrire la date », explique Léo, 10 ans. « On avait un contrôle d’histoire avec une feuille sur le serment du Jeu de paume, j’ai fait mes exercices de géométrie derrière », s’enorgueillit Joshua. Mais c’est Sarah la reine de la récup : « Pour faire des intercalaires, j’ai pris des feuilles de classeur, je les ai peint et j’ai écrit les matières dessus ». Pas de tentation de nouveau cahier de texte, nouvelle trousse, nouveau cartable à chaque rentrée ? Faut peut-être pas pousser… « Mais les ardoises, on peut les réutiliser chaque année », rappelle la petite Malak.

« Tant que t’y es, tu veux pas des jambes électriques ? »

Autant d’idées pour sauver la planète, voilà qui pourrait être utile aux chefs d’Etat qui se réuniront à Paris pour la COP21. D’ailleurs, nos CM2 ont des suggestions à leur faire : « Il faut créer des immeubles végétaux », avance Malak. « Il faut moins utiliser les usines pour faire de l’électricité et plus d’éoliennes », ajoute Zeinab. Sa copine Malak est d’accord : « Il faut des voitures électriques, des trotinettes électriques… » « Tant que t’y es, tu veux pas des jambes électriques ? », la recadre son petit camarade Joshua. L’ambiance reste toutefois cordiale dans la serre : « En classe, les enfants se donnent souvent des rôles, alors que dans le jardin ils changent d’attitude et des élèves réservés peuvent se sentir plus libres », explique la maîtresse.

Le potager de l'école primaire. (A.Chauvet/20Minutes)

C’est l’heure de la cantine : les petits écolos en herbe vont se forcer à manger au moins la moitié de leur assiette, car ils ont vu que le gaspillage alimentaire pouvait être énorme. « Un jour on a compté qu’on avait jeté 25 kilos de purée ! », s’exclame Joshua. Ils iront ensuite en récréation, devant les murs végétalisés de leur école toute neuve et éco-conçue, avant de rejoindre leur classe où les attend un camarade un peu spécial : un gecko, répondant au doux nom de Jacky. Une mascotte pour ces écolos en herbe qui pourraient donner des leçons aux négociateurs de la COP21.

Jacky le gecko. (A.Chauvet/20Minutes)