La France est la première destination mondiale pour le ski.
La France est la première destination mondiale pour le ski. — Jeff Pachoud AFP

TOURISME

Les stations de ski pourront-elles survivre avec moins de neige?

Pendant toute la durée de la COP21, « 20 Minutes » vous propose de découvrir des solutions concrètes pour diminuer les émissions de CO2 et s’adapter aux changements climatiques…

Chausser les skis et enfourcher le tire-fesses pourraient bientôt n’être qu’un souvenir. Le réchauffement climatique est déjà visible dans les montagnes françaises : « Les précipitations sont stables mais la température augmente, observe Ludovic Ravanel, chercheur au laboratoire Environnements , dynamiques et territoires de la montagne du CNRS. A basse altitude, ce qui tombait sous forme de neige tombe aujourd’hui sous forme de pluie ». Les stations de ski se trouvant à moins de 1.500m d’altitude ont du souci à se faire. « Elles recourent de plus en plus à la neige de culture mais s’il ne fait pas assez froid, on ne peut pas fabriquer de neige », explique le chercheur.

Les canons à neige pour sauver le ski

Sur le domaine skiable des Carroz (Haute-Savoie), on reconnaît que le réchauffement climatique pourrait « pousser à mettre plus de canons à neige », explique Caroline Dessirier, animatrice qualité environnement pour la société des remontées mécaniques. Ca ne parait pas très écolo, mais la fabrication de la neige de culture ne requiert « qu’une faible consommation d’eau et d’électricité », assure Caroline Dessirier. Et surtout, c’est la seule solution pour assurer des saisons longues dans des régions dont l’économie repose sur le tourisme.

A Chamonix (Haute-Savoie), le domaine skiable est au-dessus des 2.000m, ce qui le met à l’abri d’une disparition totale de la neige. Cela n’empêche pas le maire, Eric Fournier, de prendre très au sérieux la question du changement climatique : « Notre contrat avec les opérateurs de remontées mécaniques prévoit que nous n’investirons dans des rénovations et des améliorations d’équipements que dans les secteurs où nous avons une garantie d’enneigement », explique l’élu. Mais l’objectif de la mairie est aussi de développer un tourisme durable qui pourrait trouver d’autres centres d’intérêt que le ski, avec ou sans neige : « Nous voulons développer sur le site de Montenvers une structure scientifique à destination du grand public pour valoriser le travail des scientifiques sur le changement climatique », poursuit Eric Fournier, qui mise aussi sur l’essor du trail, ces courses sportives de montagne qui peuvent se pratiquer toute l’année.

S’adapter mais aussi limiter le réchauffement

Les montagnes françaises sont déjà sérieusement impactées par le réchauffement climatique : « Tous les glaciers ont perdu en volume et en longueur dans les Alpes cet été, observe Ludovic Ravanel.  Certains se sont coupés en deux. Le gel permanent entre les fissures des roches, qui a un rôle de ciment, fond et des versants entiers perdent leur stabilité, ce qui peut être très dangereux. » Ainsi, le paravalanche de Taconnaz, près de Chamonix, a été modifié pour prendre en compte le risque de déstabilisation d’une partie du glacier.

Pour de nombreuses stations de ski, il ne s’agit pas seulement de s’adapter à ces modifications du climat et de la géographie. Les Carroz ont par exemple choisi de se fournir en « électricité verte » auprès d’EDF pour toutes les remontées mécaniques du domaine. A Chamonix, un vaste plan d’amélioration de la qualité de l’air et de rénovation énergétique des bâtiments est mené par la mairie, qui travaille également sur les déplacements dans et jusqu’à la station. « Tous les transports collectifs sont gratuits à Chamonix, se félicite Eric Fournier. Maintenant, je milite avec d’autres maires pour développer des solutions d’accès à la vallée en transports en commun. » Un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre, donc le réchauffement climatique, mais aussi de redonner un peu d’air pur à la vallée de Chamonix, qui étouffe régulièrement sous les particules fines.