La COP21 pour ceux qui n’y comprennent rien

CLIMAT «20 Minutes» vous explique tout sur la conférence climat de Paris…

Audrey Chauvet

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L'entrée du Bourget où se tiendra la COP21
L'entrée du Bourget où se tiendra la COP21 — Chine Nouvelle / SIPA

COP21, ce n’est ni le nom d’une mission spatiale, ni le titre d’un blockbuster hollywoodien, ni le nom d’un robot japonais. C’est l’abréviation de « Conférence des parties » (« conference of parties » in english), les parties en question étant les pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Pour simplifier, les Etats membres de l’ONU. Et cette année ce sera la 21ème fois que ces pays se réunissent pour parler climat. Donc COP21.

De quoi on parle pendant les COP?

Depuis 1992, les 196 Etats qui se réunissent ont pour objectif de limiter les émissions de gaz à effet de serre mondiales. Ces gaz, en particulier le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4), sont émis en très grande quantité par de nombreuses activités humaines : industries, centrales à charbon, agriculture, transports… En 2014, la concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint les 400ppm (parties par millions), alors que cette concentration n’était que de 278ppm avant l’époque industrielle, indique l’Organisation météorologique mondiale. Ce sont ces gaz qui sont responsables de l’effet de serre qui provoque le réchauffement du climat : le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estime que la température du globe s’est élevée de 0,85°C en moyenne depuis 1880.

Qui est le Giec et pourquoi faudrait-il le croire?

Quel est le but de la COP21?

L’objectif de la COP21 est de parvenir à un accord mondial permettant de limiter le réchauffement moyen du globe à 2°C. C’est en effet le seuil au-dessus duquel les impacts sur l’environnement deviennent imprévisibles et incontrôlables : tempêtes, inondations, sécheresses… Or, aujourd’hui, le Giec estime que dans le pire des scénarios, c’est-à-dire dans le cas où les émissions de gaz à effet de serre continueraient à augmenter, la planète se réchaufferait de 4,8°C.

Limiter le réchauffement climatique à +2°C, c’est encore possible

Comment y arriver?

Chaque pays est libre de choisir les actions à mettre en œuvre pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre. Pour la COP21, contrairement aux précédentes éditions, les organisateurs ont demandé que chacun arrive avec un plan national en poche : ce sont les « INDC » (Intended Nationally Determined Contributions), encore un terme abscons pour désigner ces contributions nationales.

Problème : pour le moment, en faisant la somme des engagements nationaux, on ne parvient pas aux 2°C. En clair : quand on additionne les émissions de gaz à effet de serre prévues par tous les pays, on arrive à un réchauffement de 2,7°C d’ici à la fin du siècle.

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Alors comment on fait?

C’est tout l’enjeu des négociations qui auront lieu pendant la COP : convaincre tout le monde de revoir ses objectifs pour parvenir enfin aux 2°C. Ce qui pourrait faciliter les négociations : les Etats-Unis et la Chine, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, qui semblent volontaires pour prendre un tournant plus vert. Ce qui pourrait bloquer la conclusion d’un accord : la résistance de certains pays comme l’Arabie saoudite ou l’Inde qui soit vivent de la rente pétrolière (or brûler du pétrole émet du CO2) soit veulent continuer à développer leur économie sans contraintes. De plus, la question de la « différenciation » pourrait être un obstacle majeur : depuis le début des négociations climat, les pays en développement ne sont pas tenus aux mêmes obligations que les pays développés puisque ce sont ces derniers qui sont responsables de la majeure partie des émissions de CO2.

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Mais aujourd’hui, ces distinctions ne sont plus de mise : les pays émergents sont devenus de gros émetteurs et les pays en développement préféreraient être aidés financièrement à s’adapter au changement climatique, dont ils sont les premières victimes. Ils réclament ainsi 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 pour mettre en œuvre des actions d’atténuation du changement climatique et d’adaptation.