De nombreux départements interdisent les manifestations autour de la COP21

SECURITE L’état d’urgence a entraîné l’interdiction de nombreuses marches pour le climat prévues en marge de la conférence internationale...

A.Ch. avec AFP

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Une manifestation pour le climat à Londres en mars 2015.
Une manifestation pour le climat à Londres en mars 2015. — Cyril Villemain/SIPA/SIPA

LE MOT DE NICOLAS HULOT

Ces interdictions génèrent une immense frustration. Mais dans le contexte actuel, pouvons-nous faire le pari d'exposer les citoyens à des risques réels. Certaines ONG se sont organisées pour offrir d'autres alternatives. Notamment vous pouvez demander à quelqu'un d'aller marcher à votre place dans d'autres pays, allez sur le site www.march4me.org . Et par ailleurs, chacun peut dessiner un coeur vert en marquant "Solidarité climat" et l'arborer à sa fenêtre, à sa voiture, à sa veste. 

La COP21 s’ouvrira sans marches dans les rues de France. De nombreux départements répercutent la décision du ministre de l'Intérieur d'interdire les manifestations prévues entre samedi et lundi à minuit par mesure de sécurité. Un certain nombre de préfets ont ainsi pris des arrêtés interdisant manifestations et rassemblements, à l'exception généralement des hommages à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. Les marchés de Noël et autres manifestations festives ne sont pas concernés par ces interdictions.

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Dijon, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Nantes…

Dans les Bouches-du-Rhône, toute manifestation est ainsi interdite «quel qu'en soit le motif et à l'exception des hommages aux victimes des attentats de Paris». «Si 100 ou 200 personnes veulent se réunir, on ne va pas les disperser», précise-t-on au cabinet du préfet.

A Dijon, une marche «Alternatiba» prévue samedi et une marche pour le climat «Avaaz» dimanche ne pourront se dérouler, les forces de l'ordre ne pouvant «assurer leur déroulement dans des conditions de sécurité suffisante, compte tenu de leur mobilisation par ailleurs», selon la préfecture.

A Lyon, une «marche pour le climat», prévue samedi, devait être remplacée par «mille marches», avec des départs cadencés par petits groupes depuis la place Bellecour pour éviter un cortège massif.  Mais la préfecture du Rhône l'a interdite.

A Toulouse, la «Marche pour le climat» prévue dimanche est interdite mais Gérard Onesta, tête de liste EELV-Front de gauche aux régionales de Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon, a affirmé sur son compte twitter qu'il irait manifester.

Il en est de même à Strasbourg ou à Nantes où le Collectif Climat-44 a transformé la manifestation prévue en rassemblement devant le château des Ducs de Bretagne.

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Bicyclettes et tracteurs arrivent de Notre-Dame-des-Landes

En revanche, le convoi de 200 bicyclettes et cinq tracteurs, parti samedi de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) vers Paris pour réclamer «l'abandon» du projet d'aéroport, à l'occasion de la COP21, poursuit sa route. Le convoi, qui entend traverser l'Eure-et-Loir, a reçu confirmation mercredi de la préfecture de ce département qu'il n'était pas concerné par cette interdiction de manifester et pourrait donc poursuivre son chemin, «accompagné» par les autorités qui sécuriseront carrefours et centres urbains.

Dans un premier temps, le préfet avait clairement visé mardi dans son arrêté la présence de «groupes et groupuscules appartenant à la mouvance contestataire radicale et violente» convergeant vers Paris. Le convoi doit en principe rejoindre vendredi à Saclay (Essonne) d'autres groupes venus notamment de Bure (Meuse) et de Roybon (Isère), où se sont créées d'autres «Zad», avant d'organiser le lendemain «un grand banquet» aux portes de Paris.