COP21: la Chine confiante, mais juge les engagements des pays développés insuffisants

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Le représentant de la Chine pour le changement climatique, Zhenhua Xie, le 21 juillet 2015 à Paris
Le représentant de la Chine pour le changement climatique, Zhenhua Xie, le 21 juillet 2015 à Paris — MIGUEL MEDINA AFP POOL

La Chine s'est dite jeudi confiante qu'un «consensus» serait trouvé à l'issue de la conférence de Paris sur le climat (COP21), mais a jugé insuffisants les engagements des pays développés et a affirmé que Pékin, pour sa part, ne relèverait pas ses propres objectifs.

«Il subsiste des divergences de vues, mais je crois que, à mesure qu'on s'engagera au coeur des négociations, chaque pays jouera un rôle constructif, fera preuve de flexibilité, et dans la phase finale, nous devrions être capables de dégager un consensus», a déclaré Xie Zhenhua, négociateur chinois sur le climat.

Mais les engagements des pays riches ne sont pas encore à la hauteur, a-t-il averti, lors d'une conférence de presse à Pékin.

Alors que les pays développés avaient promis de mobiliser au total environ 100 milliards de dollars par an pour aider les pays développés à faire face au réchauffement climatique, on est loin du compte, a estimé M. Xie: «Il reste un gros écart à combler pour atteindre cet objectif, il faudra y arriver».

Par ailleurs, «l'ampleur des réductions des émissions de CO2 des pays développés n'a pas encore atteint le niveau nécessaire» pour que soit assuré le maintien sous les 2°C de la hausse des températures mondiales, a assuré le responsable, également vice-ministre de la puissante agence de planification économique chinoise (NDRC).

Enfin, «il n'y a toujours pas de solution» au problème crucial des transferts de technologies des pays riches vers les pays en développement, a-t-il déploré.

A l'inverse, «considérant ces points (engagements insuffisants des pays développés, NDLR), nous ne modifierons pas notre propre objectif», a insisté M. Xie.

La Chine a promis un pic de ses émissions de CO2 «autour de 2030».

«Quelles que soient les difficultés, nous y parviendrons», a souligné Xie Zhenhua. «Une grosse différence avec les contributions d'autres pays, c'est que la nôtre est très responsable, concrète et on est assuré de la matérialiser».

Avec 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et sa colossale consommation de charbon, la Chine est le premier pollueur de la planète, ce qui en fait un arbitre majeur des négociations à la COP21.

La Chine est aussi leader du «groupe des 77» rassemblant les pays émergents, et peut exercer des pressions décisives sur ses partenaires.

Pékin et Paris s'étaient entendus début novembre pour que la conférence débouche sur un accord juridiquement contraignant, assorti d'une clause de révision tous les cinq ans des engagements pris par les Etats.