La France se dote de «budgets carbone» pour réduire ses émissions de CO2

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Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie, le 29 octobre 2015 à Londres
Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie, le 29 octobre 2015 à Londres — Justin Tallis AFP

Le décret fixant les premiers «budgets carbone» de la France à horizon 2028 et demandant un effort important aux secteurs du bâtiment, aux transports ou au secteur des déchets, a été présenté mercredi en Conseil des ministres.

Le décret arrête ainsi les trois premiers «budgets carbone», c'est-à-dire les plafonds nationaux d'émissions de gaz à effet de serre (GES), pour les périodes 2015-2018, 2019-2023 et 2024-2028.

Alors que les émissions de GES ont atteint 492 millions de tonnes équivalent CO2 en 2013, le texte prévoit de les ramener à 358 millions de tonnes en moyenne par an pour la période 2024-2028.

Pour l'année 2028, les émissions devront être tombées à 343 millions de tonnes d'équivalent CO2, selon la stratégie nationale bas-carbone adoptée lors de ce Conseil des ministres.

Cela représente une baisse des émissions de GES de 30% par rapport à 2013.

Ce document «définit la marche à suivre» et «fixe le cap», dans la lignée de la loi sur la transition énergétique votée cet été, détaille les efforts, les objectifs et les actions à mettre en place.

La stratégie nationale bas-carbone «facilite le pilotage des politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre par les décideurs publics», est-il encore indiqué, avec l'objectif de diviser par quatre les émissions de GES à horizon 2050.

Le secteur du bâtiment, qui représente 20% des émissions de GES de la France, sera le plus mis à contribution avec un objectif de réduction de 54% des émissions d'ici 2028, notamment via la rénovation énergétique des logements.

Le transport, actuellement le plus gros contributeur aux émissions de GES (28%) devra lui réduire ses émissions de 29% à l'horizon du troisième budget carbone.

Pour cela le gouvernement table sur l'amélioration de l'efficacité énergétique des véhicules, l'évolution des habitudes de mobilité et le développement du fret ferroviaire.

L'industrie manufacturière (-24%) ou le secteur des déchets (-33%) auront aussi d'importants efforts à faire, via une maîtrise des consommations d'énergie, l'augmentation du recyclage et de la valorisation des déchets.