COP21: le G20 «déterminé» à un accord sur les 2°C, selon un projet de communiqué

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Photo de famille des dirigeants du G20 réunis le 15 novembre 2015 à Antalya, en Turquie
Photo de famille des dirigeants du G20 réunis le 15 novembre 2015 à Antalya, en Turquie — POOL PHOTO POOL

Les Etats du G20 vont affirmer lundi leur détermination à trouver à la COP21 de Paris un accord respectant l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, selon un projet de communiqué vu par l'AFP, au terme d'une âpre nuit de négociation.

Selon ce texte, qui doit encore être validé par les chefs d'Etat et de gouvernement réunis en Turquie, le G20 souhaite que la COP21 accouche d'un «protocole, autre instrument ou accord ayant force juridique» et «s'appliquant à toutes les parties».

«Nous reconnaissons que 2015 est une année décisive», écrivent les vingt premières puissances économiques mondiales, qui plaident pour la conclusion à Paris d'un accord «juste, équilibré, ambitieux, durable et dynamique».

Ce futur accord doit aussi respecter les «responsabilités différenciées et les capacités de chacun», selon le G20. En clair, faire la différence entre les pays riches, responsables historiques du réchauffement, et les économies en développement, qui craignent d'être bridées dans leur évolution.

Le texte vu par l'AFP cite aussi en toutes lettres «l'objectif de 2 degrés» de réchauffement maximum, une mention en apparence consensuelle qui a pourtant fait l'objet de discussions acharnées.

La France, qui va accueillir du 30 novembre au 11 décembre les 195 pays participant à la grande conférence sur le climat, avait tapé du poing sur la table dimanche en exigeant une réécriture du projet de communiqué soumis aux chefs d'Etat à leur arrivée dans la station balnéaire d'Antalya, où se tient le sommet du G20.

Elle a été soutenue par les pays développés, qui craignent de voir se rejouer à Paris le fiasco de la conférence de Copenhague sur le climat en 2009.

«C'est le seul point que nous avons renvoyé aux +sherpas+», ces diplomates qui pendant des semaines négocient mot à mot ce si sensible communiqué final, avait dit dimanche soir aux journalistes le ministre français des Finances Michel Sapin, critiquant le «niveau de très grande généralité» du texte provisoire.

«Il faut quelque chose de politiquement beaucoup plus fort», avait exigé pour sa part le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Selon une source proche des discussions, les «sherpas» ont négocié jusque vers trois heures du matin, pour livrer ce texte à la formulation prudente, qui «devrait convenir» aux chefs d'Etat et de gouvernement.

Une source européenne a elle relaté des débats laborieux, qui ont donné l'impression que les pays industrialisés d'un côté, et les pays émergents de l'autre, emmenés par l'Inde et l'Arabie saoudite, «ne vivaient pas sur la même planète».

«Nous avons besoin d'une vision commune et d'une action collective, c'est tout simplement normal et logique», a-t-elle dit, déplorant que cette vision de «bon sens» n'ait «pas été vraiment partagée». La source européenne a toutefois aussi souligné la volonté des pays émergents de ne pas trop mêler le G20 aux négociations de préparation de la COP21 elle-même, qui se tient sous l'égide des Nations-Unies.