Groenland: La fonte de deux glaciers pourrait faire monter les océans d'un mètre

RECHAUFFEMENT Selon une étude, le changement climatique érode de plus en plus des glaciers situés près du pôle Nord...

M.C. avec AFP

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Un iceberg au large du Groenland (illustration).
Un iceberg au large du Groenland (illustration). — Alex Perov/Solent News/SIPA

Il perdrait cinq milliards de tonnes par an. Un vaste glacier du nord-est du Groenland connaît une fonte accélérée ces dernières années sous l’effet du réchauffement climatique. Il risque ainsi de déstabiliser une autre grande calotte glaciaire voisine, révèle une étude jeudi.

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Ce glacier, le Zachariae Isstrom, était stable jusqu’au début des années 2000 mais sa fonte, depuis, entraîne une disparition de sa partie qui flotte sur l’océan. Et le rythme de cette disparition a triplé depuis 2012, précisent les scientifiques, dont la recherche paraît dans la revue américaine Science.

« Avec de la chance, cela prendra plusieurs siècles »

Ainsi de 2002 à 2014, la plateforme flottante du glacier s’est réduite de 95 %. Ce recul rapide menace aussi de déstabiliser un autre grand glacier plus au nord, le Nioghalvfjerdsfjorden, encore protégé par une colline. « C’est la première fois qu’on voit un énorme glacier dans le nord du Groenland, une région froide qui jusque-là ne montrait pas de changement, qui se met à perdre de sa masse de manière accélérée », souligne Jérémie Mouginot, chercheur au département de géophysique de l’université de Californie à Irvine, principal auteur de cette étude.

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« Le glacier a perdu 40 milliards de tonnes de glace depuis 2003 à raison de cinq milliards de tonnes par an et il pourrait doubler cette perte, voire davantage », estime ce scientifique, précisant que 40 milliards de tonnes équivaut déjà à une montée du niveau de la mer de 0,1 millimètre. Mais, « si les deux glaciers étudiés dans cette étude, qui représentent ensemble 12 % des glaces du Groenland, fondaient complètement, cela ferait monter les océans d’un mètre. Avec de la chance, cela prendra plusieurs siècles », ajoute le glaciologue.

« Le réchauffement de l’océan a probablement joué un rôle majeur »

Utilisant des mesures obtenues avec des observations aériennes et par satellites fournies par plusieurs agences spatiales dont la Nasa, ces chercheurs ont pu déterminer que le socle du glacier Zachariae Isstrom s’érode rapidement au contact des eaux plus chaudes de l’océan. La température de l’eau a augmenté de plus d’un degré Celsius entre 1997 et 2010.

« Le réchauffement de l’océan a probablement joué un rôle majeur pour déclencher le recul de ce glacier », pointe Jérémie Mouginot. Toutefois, « nous avons besoin de davantage d’observations et de mesures océanographiques dans ces zones sensibles du Groenland pour pouvoir faire des projections », estime-t-il.

Comme le montre cette nouvelle étude, le changement climatique érode de plus en plus des glaciers situés près du pôle Nord où il fait le plus froid, relève Jérémie Mouginot. « Si les températures du globe continuent à grimper, il y a un risque que des régions encore plus froides comme l’Antarctique de l’est se mettent aussi à fondre », craint-il.

Les conséquences du dérèglement climatique dans le monde transportées à l'écran en images de synthèse: