Fonte des glaciers de l'Antarctique: Le niveau des mers augmenterait de 3 mètres

CLIMAT Quelques décennies de réchauffement des océans peut, selon une étude, déclencher une fonte qui se poursuit pendant des siècles, voire des millénaires...

20 Minutes avec agences

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Une photo non datée du plus grand iceberg jamais enregistré, le B-15, détaché de la barrière de Ross en Antarctique en 2001 Scientists warned, 16 December 2004, its bulk has disrupted air and water currents that normally break up pack ice in McMurdo Sound, the main maritime access route to three Antartic bases, and may lead to the death of tens of thousands of penguins unable to reach open water for feeding. AFP PHOTO/NSF/Josh LANDIS
Une photo non datée du plus grand iceberg jamais enregistré, le B-15, détaché de la barrière de Ross en Antarctique en 2001 Scientists warned, 16 December 2004, its bulk has disrupted air and water currents that normally break up pack ice in McMurdo Sound, the main maritime access route to three Antartic bases, and may lead to the death of tens of thousands of penguins unable to reach open water for feeding. AFP PHOTO/NSF/Josh LANDIS — Josh Landis NATIONAL SCIENCE FOUNDATION

Les grands glaciers de l’Ouest de l’Antarctique s’effondreraient si ceux du bassin Amundsen, plus petits, étaient totalement déstabilisés sous l’effet du réchauffement climatique. Ce scénario verrait alors, selon des climatologues, le niveau des océans augmenter de trois mètres sur plusieurs siècles.

Une première étude sur les conséquences inévitables d’un effondrement des glaciers

Les glaciers de l’Amundsen perdent déjà de leur stabilité et seront le premier « verrou » à sauter dans le système climatique de l’Antarctique, assurent, dans une étude publiée ce lundi, les scientifiques de l’Institut Potsdam sur la recherche climatique. Une recherche qui montre pour la première fois les conséquences inévitables d’un tel effondrement des glaciers.

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Les simulations effectuées par ordinateur, et reprises dans les Comptes rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas), révèlent que la fonte des glaces pendant quelques décennies de réchauffement des océans peut déclencher un mouvement de fonte qui se poursuit ensuite pendant des siècles, voire des millénaires.

La même dynamique que dans la forêt amazonienne

« Une fois que les glaciers sont perturbés, ce qui est le cas aujourd’hui, ils répondent de manière non-linéaire. Ainsi, leur effondrement se produit relativement soudainement après une longue période de stabilité apparente durant laquelle peu de changements sont observés », explique ainsi Johannes Feldmann, le principal auteur de cette étude.

La même dynamique existe par exemple dans la forêt amazonienne ou le système de la mousson en Inde, précise encore cette équipe de climatologues, ajoutant donc que sans plusieurs parties de l’Antarctique, le flot naturel de la glace glissant dans l’océan devrait augmenter de façon importante et permanente.

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Alors que les océans se réchauffent, les eaux plus chaudes font lentement fondre les plaques de glace se trouvant sous la surface et qui sont la prolongation des glaciers terrestres. Ceux-ci s’en trouvent ainsi déstabilisés.

Un processus irréversible qui a déjà commencé

« Selon nos simulations, 60 ans de fonte des glaces au rythme actuellement observé dans l’Antarctique sont suffisants pour déclencher un processus irréversible qui perdurera pendant des centaines ou des milliers d’années. Cela entraînera une montée du niveau des océans de trois mètres environ », explique encore Johannes Feldmann, notant qu’il s’agit « d’un processus long ». Ce « processus a déjà probablement commencé », indique le scientifique.

« Jusqu’à présent nous ne disposons pas d’assez d’indications pour dire si la déstabilisation des glaciers d’Amundsen est actuellement due aux émissions de gaz à effet de serre et au réchauffement du climat qui en résulte », a toutefois relevé Anders Levermann, également chercheur à l’Institut Potsdam et coauteur de la recherche.

L’épaisseur des glaces s’est réduite de près de 20 % à certains endroits

Mais, selon ce climatologue, il ne fait aucun doute « qu’une augmentation de ces émissions ne peut qu’accroître le risque d’un effondrement des glaciers de l’Antarctique occidental » et d’une montée « irréversible » du niveau des océans.

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Il est vrai que l’épaisseur des glaces flottant autour de l’Antarctique, qui agissent comme un rempart contre l’effondrement des glaciers permanents recouvrant ce continent, s’est réduite de près de 20 % à certains endroits ces deux dernières décennies, selon une autre recherche, publiée en mars dernier dans la revue Science, qui révélait également que ce phénomène de fonte s’accélérait.