COP21: François Hollande veut faire de la Chine l'alliée du climat

ENVIRONNEMENT «La Chine a une très grande influence sur les pays émergents et les pays en développement», a estimé le chef de l'Etat...

T.L.G. avec AFP

— 

François Hollande et le premier ministre chinois Li Keqiang
François Hollande et le premier ministre chinois Li Keqiang — Jason Lee/AP/SIPA

Quand la Chine éveillera les consciences écologiques. Le président François Hollande a déclaré mardi qu’il attendait de la Chine qu’elle « dialogue » avec les pays hésitants à s’engager pour un accord à la conférence de l’ONU à Paris, après la déclaration sino-française la veille sur le climat.

« J’attends de la Chine qu’elle puisse, à partir de la déclaration publiée hier (lundi), faire comme nous un travail de dialogue, de conviction auprès d’un certain nombre de pays dont on sait qu’ils vont être déterminants pour que l’accord puisse être trouvé », a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Pékin.

« Une très grande influence sur les pays émergents »

« Quand la Chine s’engage, elle engage bien sûr elle-même mais elle est un exemple, une référence (…) La Chine a une très grande influence sur les pays émergents et les pays en développement. (…) Le fait qu’elle puisse prendre ses responsabilités, c’est une façon de convaincre des pays qui sont aujourd’hui, et je peux les comprendre, hésitants à venir s’impliquer à la conférence de Paris », a-t-il ajouté.

La Chine et la France se sont entendues lundi à Pékin pour parvenir à un accord contraignant à la conférence de Paris sur le climat, assorti d’une clause de révision tous les cinq ans des engagements pris par les Etats, une nette évolution dans l’attitude de Pékin.

>> A LIRE. Dix ans après, le protocole de Kyoto est-il déjà mort?

« Un devoir de la Chine »

L’accord a été annoncé dans une déclaration commune des présidents chinois et français, Xi Jinping et François Hollande, réunis dans l’enceinte solennelle du Palais du peuple. En tant que chef de file du « groupe des 77 » (qui rassemble les pays en développement), la Chine peut exercer des pressions considérables sur ses partenaires à la conférence, en particulier sur l’Inde, quatrième émetteur mondial de gaz à effet de serre.

Pour sa part, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, avait déclaré un peu plus tôt, au côté du président français, qu’un développement économique plus durable et soucieux de préserver l’environnement constituait « un devoir de la Chine » à l’égard du reste du monde.

Le développement vert, « un passage obligé »

« Le développement vert est un passage obligé pour la Chine si elle veut promouvoir une restructuration de son économie », aujourd’hui en net ralentissement, et qui pourrait tirer profit de la croissance verte, a déclaré Li Keqiang.

« C’est également un devoir et une contribution de la Chine à l’égard de l’humanité en tant que grand pays du monde », a-t-il poursuivi, dans un discours clôturant les travaux d’un sommet franco-chinois intitulé « Économie et Climat ». Pékin s’efforce de rééquilibrer son modèle de croissance traditionnellement tiré par l’industrie lourde, l’immobilier et les infrastructures, secteurs très gourmands en énergie.