Les constructeurs auto sous-estiment largement la consommation de leurs véhicules

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Une autoroute entre Marseille et Orange, dans le sud-est de la France, le 20 juillet 2013
Une autoroute entre Marseille et Orange, dans le sud-est de la France, le 20 juillet 2013 — Boris Horvat AFP

Dans un contexte de doute sur les performances réelles des véhicules suite au scandale Volkswagen, le magazine Auto Plus a testé la consommation de carburant des principaux modèles vendus en France et relevé une sous-estimation massive par rapport aux données des fabricants.

Sur 1.114 modèles, les chiffres de consommation relevés en conditions réelles par le laboratoire d'Auto Plus comparés à ceux qu'annoncent les marques révèlent ainsi un écart important, en moyenne de +37,2%.

«En clair, vous pouvez ajouter près de 2l/100 km à la valeur annoncée par le constructeur», résume l'hebdomadaire dans son édition parue vendredi.

«Sésame pour une commercialisation en Europe, l'homologation délivrée par l'Union technique de l'automobile, du motocycle et du cycle (UTAC) est bien loin des contraintes réelles», explique l'article au sujet des différences enregistrées dans les résultats.

Citroën, Peugeot et Renault comptent parmi les constructeurs dont les modèles sont les plus éloignés de la réalité.

C'est le cas en particulier de leurs derniers diesels Euro 6 sur lesquels existent des écarts compris entre +50% et +74,3% par rapport aux valeurs homologuées.

L'article se demande «si leur système de dépollution, assez gourmand en carburant dans la vraie vie, est autant sollicité lors de l'homologation».

Un porte-parole de PSA Peugeot Citroën a remarqué suite à la parution de ces informations que «le test comparatif de consommation sur 1.000 véhicules effectué par le magazine Auto Plus a été publié une première fois le 19 juin 2015 (N° 1398)» et que «la consommation moyenne de la gamme PSA (6,55 l/100km) ressortait inférieure à la moyenne des constructeurs (7,03 l/100 km)».

«Auto Plus souligne dans la conclusion de son dossier que +les Blue HDI se montrent sobres dans l'ensemble+. C'est ce qui compte pour nos clients au quotidien», a poursuivi ce porte-parole, en rappelant que son entreprise soutenait l'introduction de cycles d'homologation européens plus conformes à la conduite en conditions réelles, attendus en 2017.

Le scandale Volkswagen, au delà de la triche avouée du constructeur allemand, a en effet mis en lumière l'écart existant entre les chiffres d'homologation des véhicules en terme de consommations et d'émissions - issus de tests jusqu'ici menés en laboratoire - et ceux constatés en utilisation quotidienne.

PSA, en présentant lundi ses résultats trimestriels, avait promis de «publier dès que possible, pour ses principaux véhicules, les consommations en usage client, sous le contrôle d'un organisme tiers indépendant».

Des écarts importants (de +55 à +65%) sont également présents pour les plus récents blocs diesel de BMW et du groupe Volkswagen, remarque Auto Plus.

Mais les marques allemandes sont en revanche «plus réglos que les françaises concernant les moteurs essence» selon l'hebdomadaire.

Ce sont les marques japonaises qui semblent donner les chiffres les plus fidèles à la réalité. Sur les 175 modèles qui dépassent le plus, on ne retrouve en effet que sept moteurs nippons.

A l'inverse les hybrides rechargeables affichent des performances très médiocres où l'écart peut par exemple atteindre jusqu'à +275% pour l'Opel Ampera.