Vue aérienne de la Grande barrière de corail, le 20 novembre 2014 en Australie
Vue aérienne de la Grande barrière de corail, le 20 novembre 2014 en Australie — Sarah Lai AFP

ENVIRONNEMENT

Australie: La Grande Barrière de corail de nouveau menacée par un projet minier

En août, la justice avait ordonné la suspension du projet, jugé néfaste pour l'environnement...

Greg Hunt, le ministre australien de l’Environnement, a accordé un nouveau feu vert ce jeudi au projet « Carmichael » du groupe indien Adani, relançant de fait ce projet minier critiqué pour son impact sur la Grande barrière de corail.

« 36 des conditions les plus strictes de l’histoire australienne »

Le ministre a assuré dans un communiqué que le projet était subordonné à « 36 des conditions les plus strictes de l’histoire australienne », ce qui ne l’a pas empêché de s’attirer les foudres d’associations de défense de l’environnement. Ces dernières jugent ce gigantesque projet houiller d’une valeur de 16,5 milliards de dollars australiens (10,45 milliards d’euros) néfaste pour le plus grand récif corallien au monde.

En juillet 2014, l’Australie avait initialement donné son feu vert à cette opération qui prévoit l’exploitation d’une mine de charbon dans l’Etat du Queensland, qui deviendrait ainsi l’une des plus vastes au monde.

La construction de 189 kilomètres de chemin de fer serait nécessaire à l’acheminement de la matière première, tout comme l’extension d’un port de charbon à Abbot Point, à proximité de la Grande barrière de corail pour l’exporter.

Un projet encadré pour limiter les dégâts et sauvegarder la flore environnante

Début août 2015, la Cour fédérale australienne avait porté un coup d’arrêt au projet « Carmichael » en invalidant l’autorisation du ministère, au motif qu’elle négligeait la protection de deux espèces vulnérables de reptiles. L’impact sur le climat en général était également montré du doigt devant les piètres performances du charbon en matière de gaz à effet de serre.

Greg Hunt s’est voulu rassurant en indiquant que « les conditions très précises vont permettre de protéger les espèces menacées et auront des répercussions positives à long terme sur l’environnement au travers d’un ensemble de compensations ». Ainsi, le groupe minier indien doit s’engager à protéger ailleurs des habitats que son projet minier menace et à allouer un million de dollars australiens sur dix ans à des programmes de recherches sur des espèces menacées du Bassin de Galilée, où se situe son projet.

Les associations s’inquiètent des répercussions environnementales

Sur Facebook, le groupe Mackay Conservation a affirmé que ce nouveau feu vert mettait en péril « des espèces en danger, des nappes phréatiques précieuses, le climat mondial et l’argent des contribuables ». De son côté, Greenpeace qui, a qualifié le projet de « catastrophe complète pour le climat et la Grande barrière de corail » a lancé une pétition en ligne pour protester contre cette décision, appelant le ministre à « faire le bon choix » pour sauver le plus grand récif corallien du monde.

De nombreuses banques parmi lesquelles la Société Générale, BNP Paribas et le Crédit Agricole se sont retirées du projet « Carmichael » ces derniers mois. Un retrait qui n’a pas eu d’impact sur les investisseurs puisque l’action du groupe indien Adani a accueilli l’annonce du gouvernement australien par un bond de 10 % en séance à la bourse de Bombay.