Abattoir d’Alès: Comment en est-on arrivé à de telles infractions à la loi?

ANIMAUX L’abattoir a été fermé après la diffusion d’images de violences contre les animaux…

Audrey Chauvet

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Extrait de l'enquête sur abattoir d'Alès.
Extrait de l'enquête sur abattoir d'Alès. — Association L214

Des chevaux violemment frappés, des vaches saignées encore vivantes, des cochons qui étouffent dans une fosse… Les images de l’abattoir municipal d’Alès (Gard) diffusées par l’association de défense des animaux L214 révèlent des actes de cruauté contre les animaux qui constituent de nombreuses infractions au Code rural.

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Quelles infractions ont été constatées à l’abattoir d’Alès ?

« Nous avons constaté plusieurs infractions de deux types principaux : des infractions à la législation sur l’abattage tel que défini par les textes et des infractions sanitaires, qui sont consécutives aux premières », explique Gilbert Mouthon, vétérinaire et expert près des tribunaux, qui a analysé les images pour l’association. Dans son analyse, il relève des infractions concernant la propreté des animaux (« une grande quantité de bouses séchées sur la toison de beaucoup de bovins »), un temps trop court entre l’étourdissement de l’animal et la saignée des bovins, et d’autres infractions aux règlements sur le nombre de cochons descendus simultanément dans la nacelle où ils sont intoxiqués au gaz carbonique.

Qui est censé contrôler le respect des réglementations ?

Les abattoirs sont soumis aux réglementations européennes transcrites dans le droit français et ce sont « les inspecteurs vétérinaires qui doivent signaler les anomalies au responsable de l’abattoir, explique Gilbert Mouthon. Si le responsable de l’abattoir ne suit pas les recommandations des vétérinaires, ils ont le devoir d’avertir leur hiérarchie c’est-à-dire la direction des services vétérinaires [la Direction départementale de la protection des populations (DDPP)]. » Normalement, un vétérinaire, « ou par délégation un préposé sanitaire » est présent lors des abattages. « Mais à 4h du matin, on ne voit pas grand monde », commente le vétérinaire.

Pourquoi l’abattoir d’Alès a pu commettre de telles infractions ?

La préfecture du Gard a rappelé que les mauvaises pratiques de l’abattoir avaient été signalées après une visite de contrôle de la DDPP datant du 4 septembre dernier. « Une mise en demeure administrative ordonnant de mettre fin aux pratiques professionnelles non conformes à la réglementation » avait été émise le 22 septembre. Sans suite. « Les salariés sont confrontés à des exigences de productivité de plus en plus élevées, il faut aller de plus en plus vite », déplore Gilbert Mouthon. L’abattoir municipal a été fermé à titre conservatoire le temps de mener une enquête sur les manquements aux normes. Un nouveau contrôle de l’abattoir est programmé après sa réouverture.