La Nouvelle-Zélande renvoie un habitant de Kiribati, premier aspirant au statut de réfugié climatique

MONTEE DES EAUX La cour suprême néo-zélandaise considère que les habitants des Kiribati ne sont pas des réfugiés au sens de l'ONU...

20 Minutes avec agences

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La justice néo-zélandaise a refusé mardi d'accorder le statut de réfugié climatique à un habitant des Kiribati, un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, estimant que ses arguments n'étaient "pas convaincants".
La justice néo-zélandaise a refusé mardi d'accorder le statut de réfugié climatique à un habitant des Kiribati, un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, estimant que ses arguments n'étaient "pas convaincants". — - SPC

Retour aux Kiribati pour cet habitant de l’archipel du pacifique. Celui qui avait souhaité devenir le premier réfugié climatique de la planète a été expulsé ce mercredi par la Nouvelle-Zélande où il se trouvait depuis quatre ans. Ioane Teitiota a épuisé tous ses recours juridiques a annoncé jeudi un de ses proches.

L’homme de 39 ans réclamait le statut de réfugié au motif que lui, sa femme et leurs trois enfants, tous nés en Nouvelle-Zélande, couraient un péril mortel aux Kiribati. Des zones entières de l’archipel, composé d’une trentaine d’atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l’eau, sont régulièrement envahies par l’océan.

L’homme n’encourt pas de danger selon la justice néo-zélandaise

« Le changement climatique est une forme de persécution et nous avons tenté de sauver cette famille en demandant l’asile en Nouvelle-Zélande », a déclaré sur Radio New Zealand le révérend Iosefa Suamalie, un des nombreux soutiens de Ioane Teitiota. « Aux Kiribati, il n’y a pas de vie, il n’y a pas d’espoir. Nous renvoyons les enfants dans un endroit qui n’est pas sûr pour eux », a-t-il déploré.

La Cour suprême néo-zélandaise n’a pas suivi ce raisonnement. Confirmant les rejets prononcés en première instance et en appel, elle avait estimé en juillet que le demandeur ne répondait pas aux critères d’octroi du statut de réfugié, lequel doit être menacé de persécution dans son pays natal, selon l’ONU. La plus haute juridiction du pays a bien reconnu que les Kiribati étaient « incontestablement confrontées à des défis climatiques », mais elle a également estimé que « Ioane Teitiota n’encourait pas de grave danger » dans son pays natal.

Plusieurs archipels sous le point d’être engloutis

En début de semaine, le Premier ministre John Key a refusé un ultime appel de l’homme de 39 ans : « A mes yeux, il n’est pas un réfugié, mais quelqu’un qui a dépassé sa durée de séjour autorisée. » Arrivé en Nouvelle-Zélande en 2007, Ioane Teitiota avait dépassé la validité de son visa lorsqu’il avait attiré en 2011 l’attention de la police pour une infraction mineure.

Avec les Maldives, Tuvalu et Tokelau, Kiribati fait partie des nations îliennes qui pourraient devenir « sans terre » à cause du réchauffement climatique, selon la Commission des droits de l’Homme de l’ONU.