Le dérèglement du climat, une «menace sérieuse» pour trois Français sur quatre

SONDAGE 76% des Français estiment que leur mode de vie est menacé par le changement climatique…

Audrey Chauvet
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Episode de sécheresse dans l'Ain en août 2015.
Episode de sécheresse dans l'Ain en août 2015. — KONRAD K./SIPA

Tous dans le même bateau : d’après un sondage Ifop pour l’Agence française de développement (AFD) dévoilé ce mercredi, les Français ont conscience que les problèmes politiques, économiques mais aussi écologiques n’ont pas de frontières. Ils sont ainsi 82 % à estimer que ce qui se passe dans les pays pauvres « peut avoir un impact » sur leur vie en France. Le dérèglement climatique, qui frappe déjà fortement les pays du Sud, est à lui seul une source d’anxiété : 76 % des personnes interrogées estiment que ce sera une « menace sérieuse » pour eux ou leur mode de vie dans les années à venir.

L’environnement, un enjeu mondial

« On dit parfois que les Français se replient sur eux-mêmes mais on voit bien qu’ils ont conscience du caractère mondial des enjeux, commente Philippe Orliange, directeur exécutif en charge de la stratégie au sein de l’AFD. Ils savent que ce qui se passe hors des frontières du pays les impacte directement. » L’été marqué par la crise des migrants a sans doute favorisé cette prise de conscience mais pour Philippe Orliange, il s’agit là « d’une tendance lourde » dont la nouveauté est de s’étendre aujourd’hui au climat.

D’après le sondage, ce sont ainsi 46 % des Français qui citent l’environnement comme principal enjeu de développement commun à l’échelle de la planète. Dérèglement climatique, pollution, effet de serre ne peuvent trouver de solutions qu’en associant pays riches et pays pauvres. « Tout le travail de pédagogie fait par les scientifiques et la communauté internationale pour expliquer que le dérèglement climatique allait nous impacter et qu’il fallait agir dès maintenant se retrouve dans ces chiffres », estime Philippe Orliange.

Pauvreté, immigration et terrorisme

Les Français semblent donc prêts « à passer à l’action » pour sauver leur mode de vie : 85 % d’entre eux pensent que la solidarité internationale ne doit pas se limiter à lutter contre la pauvreté mais doit se soucier du climat. Ainsi, 67 % des Français estiment qu’apporter un soutien financier ou technique aux pays en développement peut contribuer à réduire la surexploitation des ressources naturelles et 60 % jugent que l’aide au développement peut aider à réduire le dérèglement climatique.

« La sensibilité des Français au problème du développement s’est forgée dans les années 1960 autour de la faim et de l’accès à l’eau, commente Philippe Orliange. Ces questions de pauvreté sont restées à l’agenda international mais sont maintenant à égalité avec la lutte contre le changement climatique. » Talonnées toutefois de près par le souci de contenir les flux d’immigration, qui pourraient s’alourdir avec les premiers réfugiés climatiques fuyant les pays frappés par les sécheresses ou les inondations.

*Etude réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 août au 1er septembre 2015, auprès d’un échantillon de 1.053 personnes, représentatif de la population âgée de 15 ans et plus résidant en France métropolitaine (méthode des quotas).