Pollution de l'air intérieur: L'Anses préconise un système d'étiquetage des produits d'ameublement

HABITAT Parmi les substances pointées du doigt figurent les phtalates et le benzène…

Marion Pignot

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Photo d'illustration de la fabrication d'un meuble.
Photo d'illustration de la fabrication d'un meuble. — DAMOURETTE VINCENT/SIPA

Si l’étiquetage obligatoire existe déjà depuis 2013 pour les peintures, vernis, moquettes et papiers peints (classés de A + à C, selon leur niveau d’émissions), la réglementation devrait d’ici à 2020 s’étendre aux produits d’ameublement, dans le cadre du 3ème plan national Santé Environnement. Dans ce cadre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a été saisie par les ministères en charge de la Santé et de l’Ecologie afin d’identifier la liste de substances chimiques prioritaires.

31 substances néfastes décelées


Parmi les 600 substances pouvant être émises par les produits d’ameublement (dont une soixantaine classée « cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques » par le CIRC, l’agence du cancer de l’Organisation mondiale de la santé, ou par le règlement du Parlement européen), 31 substances ont retenu l’attention de l’Anses « sur la base des données de mesure disponibles » indique prudemment l’agence dans un récent rapport.

La pollution de l’air intérieur, un colocataire nocif


« Les produits d’ameublement sont constitués de multiples matériaux qui peuvent être traités, décorés ou protégés, ils peuvent émettre de multiples substances volatiles ou semi-volatiles auxquelles peut être exposée la population », précise l’Anses. Il s’agit notamment des phtalates (que l’on retrouve notamment dans les emballages plastiques), du formaldéhyde (présent dans les peintures et les colles des meubles), du styrène, du benzène et du dichlorométhane.

L’institution préconise une interdiction des substances chimiques

S’il est important de limiter l’exposition de la population à ces substances, l’agence va même plus loin, affirmant qu’il faudrait « tendre à terme vers une interdiction ». En attendant l’entrée en vigueur de l’étiquetage obligatoire des meubles, l’Anses invite les fabricants et distributeurs à conclure « un accord volontaire » fixant comme objectif « que 80 % des meubles pour enfants soient étiquetés ».