Fukushima: Premier rejet en mer d'eau contaminée, mais filtrée

ENVIRONNEMENT L’eau « impure » est issue de puits plus proches des réacteurs…

20 Minutes avec agences

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Vue aérienne de la centrale de Fukushima, datant du 24 mars 2011, quelques jours après sa destruction par un tsunami
Vue aérienne de la centrale de Fukushima, datant du 24 mars 2011, quelques jours après sa destruction par un tsunami — Air Photo service

Tokyo Electric Power (Tepco), compagnie gérante de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi (Japon), a commencé à rejeter en mer de l’eau souterraine pompée près des réacteurs, puis filtrée.

Si Tepco relâche depuis l’an passé dans l’océan de l’eau prise en amont des installations et recueillie avant qu’elle ne soit contaminée, ces nouvelles opérations concernent cette fois de l’eau « impure » issue de puits plus proches des réacteurs. La compagnie assainit alors le liquide par un dispositif qui retire l’essentiel des radionucléides (à l’exception du tritium) avant d’être contrôlée puis diluée dans l’océan.

« Le rejet d’eau tritiée se pratique partout dans le monde »

« L’option la meilleure est la dilution en mer », avait déclaré, dans un récent entretien accordé à l’AFP, Dale Klein, ex-président de l’autorité nucléaire américaine. « Je pense que cela devrait être fait dans un délai de trois ans, même si je préférerais que ce soit plus tôt car moins l’eau est stockée longtemps, moins il y a de risques qu’elle ne s’évacue de façon incontrôlée », a insisté, ce lundi, celui qui est aujourd’hui conseiller de Tepco, ajoutant que « le rejet d’eau tritiée se pratique partout dans le monde ».

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La question de la pollution du milieu halieutique

Même si cette eau « ne doit pas être confondue avec celle, hautement radioactive, qui est utilisée pour refroidir les cœurs des réacteurs fondus, (…) il faut avoir à l’esprit que de l’eau contaminée s’écoule chaque jour naturellement, de façon incontrôlée dans l’océan Pacifique depuis l’accident » a, d’ores et déjà, rappelé Shaun Burnie de Greenpeace.

« Il existe des incertitudes majeures sur les effets à long terme posés par le tritium et ces rejets ne peuvent pas être considérés comme ne présentant aucun risque pour l’environnement marin et la santé », a encore contesté l’association de défense de l’environnement. Les pêcheurs de la région de Fukushima semblaient d’ailleurs rejoindre Greenpeace sur la question de la pollution du milieu halieutique. Ces derniers ont ainsi mis longtemps avant de donner leur accord à cette opération de rejet.

 

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Des centaines de tonnes d’eau souterraine entrent chaque jour dans la centrale

Reste que depuis le désastre atomique provoqué par le tsunami du 11 mars 2011, des centaines de tonnes d’eau souterraine entrent chaque jour dans les bâtiments de la centrale Fukushima Daiichi, augmentant ainsi la quantité d’eau contaminée au contact des équipements, liquide qu’il faut ensuite stocker, puis assainir.

Cette tâche mobilise de nombreux travailleurs et handicape les autres opérations. D’autant que les pluies diluviennes qui s’abattent sur la région assez fréquemment, comme la semaine passée, n’arrangent rien.