Alstom: Pourquoi le gouvernement ne subventionne plus la filière du charbon

ENVIRONNEMENT Les aides pour l’export de centrales à charbon sont supprimées, indique Ségolène Royal…

R.S. avec AFP

— 

La centrale à charbon de RWE à Grevenbroich, dans l'ouest de l'Allemagne, le 11 septembre 2012
La centrale à charbon de RWE à Grevenbroich, dans l'ouest de l'Allemagne, le 11 septembre 2012 — PATRIK STOLLARZ AFP

Annoncée par la ministre de l’Energie et de l’Ecologie Ségolène Royal sur France Info, ce jeudi matin, la suppression des aides pour l’export de centrales à charbon a été confirmée par Manuel Valls dans la matinée. Une décision qui s’inscrit dans un processus de développement durable à l’échelle internationale.

De quelles aides parle-t-on ? Il s’agit de crédits destinés à financer la construction de centrales à charbon à l’étranger. Elles sont apportées sous forme de garanties d’emprunt de la Coface (Compagnie française d’assurances pour le commerce extérieur). Selon le site spécialisé AEF, Alstom a bénéficié de toutes les aides à l’export de l’État pour le charbon entre 2001 et 2014, soit 1,313 milliard d’euros. Des projets ont notamment été menés en Bulgarie et en Afrique du Sud.

Dans quel but ? A moins de 3 mois de l’ouverture de la conférence de Paris sur le climat (COP21), il s’agit de montrer l’exemple. Cette décision est l’une des principales promesses du gouvernement français en matière de réduction des énergies fossiles. Le charbon en est une. Les aides de l’Etat à Alstom pour l’export de centrales à charbon vont donc être supprimées « mais reversées au groupe pour investir dans les énergies renouvelables », annonce Ségolène Royal. En clair, il s’agit de privilégier le gaz, la vapeur et l’énergie thermique au charbon.

Quelles conséquences pour l’emploi ? Sur le papier, aucune. La ministre de l’Ecologie avait indiqué dès le mois d’août qu’elle voulait que ces aides soient supprimées mais qu’il fallait « veiller à ne pas nuire à l’emploi. » Pour la Fondation Hulot, cette décision sera même génératrice d’emplois sur le long terme. « Basculer du charbon vers les énergies renouvelables, c’est une chance pour nos industriels, car il y aura plus d’emplois à l’avenir dans les renouvelables que dans le charbon », savoure Matthieu Orphelin. Comme d’autres ONG environnementales, la Fondation espère maintenant des annonces sur une contribution financière supplémentaire de la France en soutien aux politiques climatiques des pays en développement.