Climat: Les 5 mesures à prendre pour que la France devienne «exemplaire»

ECOLOGIE Réunies sous l'égide du réseau Action Climat ce jeudi, plusieurs ONG ont exposé leurs cinq exigences pour que la France puisse accueillir la COP21 sans rougir...

Nicolas Bégasse

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François Hollande à Paris le 21 juillet 2015.
François Hollande à Paris le 21 juillet 2015. — LIEWIG-POOL/SIPA

Faire le ménage chez soi avant de recevoir les invités. C’est ce que plusieurs ONG réunies sous l’égide du Réseau Action Climat demandent à la France, à moins de 100 jours du début de la Conférence climat (COP21) à Paris. « La France s’active beaucoup sur la scène internationale, mais son rôle d’hôte de la COP21 est un cache-misère », a lancé la directrice du Réseau Action Climat en France, Morgane Créach, avant de présenter les cinq mesures que la France, qui « manque d’exemplarité », doit selon elle adopter avant le début de la COP21.

Mettre le paquet sur les énergies renouvelables. « Arriver en 2050 à une production d’électricité à 100 % issue des énergies renouvelables, c’est possible et nécessaire. » Voilà l’ambition exposée lors de la conférence de presse par le patron de Greenpeace France Jean-François Julliard. Pour ce faire, il demande au gouvernement d’annoncer un doublement du rythme d’installation dans l’éolien et le photovoltaïque, et d’inscrire dans un projet de loi l’objectif de 100 % d’électricité issue des énergies renouvelables.

En finir (vraiment) avec le charbon. « Il faut non seulement sortir de l’ère des énergies fossiles, mais aussi arrêter le soutien des pays riches au charbon », lance Diane Simiu, de WWF France, qui rappelle que Hollande en novembre 2014, puis Valls en février dernier, ont promis l’arrêt des aides fournies à l’industrie du charbon. « On attend d’ici à la fin de la semaine que la France annonce cet arrêt immédiat. » A ses côtés, Lucie Pinson, des Amis de la Terre, évoque la deuxième demande adressée au gouvernement : « Qu’il assume son rôle d’actionnaire d’EDF et d’Engie (ex-GDF Suez) pour que ces entreprises arrêtent leur soutien au charbon. »

Taxer la finance pour de bon. « François Hollande a entre les mains une occasion unique de générer des fonds substantiels », a assuré lors de la conférence de presse Nicolas Vercken, d’Oxfam France : la taxe sur les transactions financières, qu’aimeraient lancer onze pays européens dont la France et l’Allemagne. Sauf que les discussions traînent, et que ce magot potentiel (une recette d’au moins 24 milliards, dont 6 pour la seule France), qui pourrait financer en partie la transition énergétique, tarde à prendre forme. Réseau Action Climat est convaincu qu’un accord pris avant la COP21 serait « une bascule de la crédibilité de la France envers les pays en développement ».

Que la taxe carbone ait un vrai effet. Faire payer pour changer les mentalités et financer la transition énergétique : c’est l’esprit de la composante carbone des taxes sur l’énergie, dévoyée selon Réseau Action Climat par la faiblesse de son taux. « Ce qu’on demande à François Hollande, dit Morgane Créach, c’est qu’il s’engage dans le plan de finances 2016 [discuté à la fin du mois] à relever ce taux, pour que la taxe carbone ait un vrai effet. » Et s’il pouvait aussi arrêter d’en exonérer le transport aérien et routier, le Réseau ne serait pas mécontent.

Ne pas lâcher le train et le vélo. Ce dernier point peut paraître anecdotique, mais « le transport est le premier secteur en termes de pollution », a rappelé ce jeudi Bernadette Caillard-Humeau, la vice-présidente de la Fédération des usagers de la bicyclette. Qui a présenté ses trois demandes au gouvernement : que le décret des indemnités kilométriques pour les vélos, prévues dans la loi de Transition énergétique, ne tarde pas à être publié, que plutôt que de supprimer les dessertes des trains Intercités, l’Etat conserve et même renforce le maillage national du réseau ferré, et qu’à l’occasion du projet de loi de finances soit lancé un appel à projets de 200 millions d’euros pour que les collectivités développent les infrastructures cyclables.