Pour les cultures, la valeur des abeilles se chiffre en milliards

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L'apport des abeilles sauvages dans la pollinisation des cultures est évalué à plus de 3.250 dollars (2.880 euros) par hectare et par an
L'apport des abeilles sauvages dans la pollinisation des cultures est évalué à plus de 3.250 dollars (2.880 euros) par hectare et par an — Philippe Huguen AFP

L'apport des abeilles sauvages dans la pollinisation des cultures est évalué à plus de 3.250 dollars (2.880 euros) par hectare et par an, indique une étude publiée mardi dans la revue Nature Communications.

Globalement, leur contribution au système alimentaire mondial s'évalue «en milliards», soulignent les auteurs, qui ont suivi sur trois ans plus de 90 projets sur la pollinisation menés dans 1.394 champs à travers le monde. Au total, près de 74.000 abeilles de près 785 espèces auront été suivies.

Il en ressort que l'apport des abeilles sauvages représente quelque 3.251 dollars par hectare de culture, et les colonies d'abeilles domestiques 2.913.

Plusieurs études ont déjà tenté de donner une valeur monétaire aux «services» rendus par les écosystèmes, manière de souligner l'importance de les défendre.

Mais cette étude montre aussi que seules 2% des espèces sauvages pollinisent 80% des cultures pollinisées par des abeilles dans le monde.

Aux Etats-Unis, la principale est le bourdon fébrile (Bombus impatiens), et en Europe le bourdon lapidaire (Bombus lapidarius).

Les autres espèces restent importantes pour l'écosystème, mais un peu moins pour l'agriculture.

«Des espèces rares et menacées pourraient jouer un rôle moins significatif économiquement, mais cela ne veut pas dire que leur protection est moins importante,» souligne David Kleijn, professeur à l'université de Wageningue (Pays-Bas), qui a conduit ces recherches, en insistant sur l'importance de maintenir la biodiversité au sein des espèces.

En Europe comme en Amérique du nord, les abeilles, notamment les mellifères domestiques, sont frappées depuis quelques années par un effondrement de leurs colonies, attribué aux pesticides, mais aussi un virus, ou des champignons, ou un ensemble de facteurs.

Selon la FAO, quelque 80% des espèces de plantes à fleurs sont pollinisées par des insectes, ainsi que des oiseaux et des chauve-souris.

Du cacao au café en passant par de nombreuses variétés de fruits et légumes, au moins un tiers des récoltes mondiales dépendent de ces travailleurs non rémunérés, souligne sur son site internet l'agence de l'Onu chargée de l'alimentation.

La valeur économique de la pollinisation avait été estimée en 2005 à 153 mds d'euros, soit 9,5% de la production alimentaire mondiale à destination de l'homme.