Interpol tire la sonnette d'alarme sur la progression des «e-déchets» mal recyclés

EUROPE Selon une étude, seulement 35% des équipements électriques ou électroniques usagés et «e-déchets» européens entrent dans les circuits de recyclage connus...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de souris d'ordinateurs usagées et jetées.
Illustration de souris d'ordinateurs usagées et jetées. — Manjunath Kiran / AFP

Interpol s'alarme du niveau de déchets électriques et électroniques, communément appelés «e-déchets», mal recyclés en Europe, un terrain propice au développement de la criminalité environnementale, selon l'organisation de coopération policière internationale. Pour l'Université des Nations Unies (UNU) qui a participé à une étude coordonnée par Interpol, seules 3,3 millions de tonnes, soit 35%, des équipements électriques ou électroniques usagés et «e-déchets» provenant des particuliers et des entreprises en Europe, entrent dans les circuits de recyclage connus.

Des déchets mal gérés ou qui font l'objet d'un commerce illégal

Le reste (6,2 millions de tonnes) est soit exporté, soit recyclé dans des conditions non conformes, soit simplement jeté dans des conteneurs à ordures, déplore l'UNU. Une part non négligeable de ces équipements (1,3 million de tonnes) est exportée plus ou moins illégalement hors d'Europe, où demeurent donc environ 4,7 millions de tonnes de ces «e-déchets» qui sont «mal gérés ou font l'objet d'un commerce illégal», souligne pour sa part Interpol. L'organisation policière considère que ce matériel non correctement recyclé représente une «perte» financière de 800 millions à 1,7 milliard d'euros pour les entreprises valorisant les déchets.

L'équivalent d'un mur d'Oslo à la botte de l'Italie

«Les équipements électriques et électroniques ont connu la croissance la plus rapide dans les flux de déchets à travers le monde. La quantité de «e-déchets» mal gérés en Europe correspond à un mur haut de 10 mètres qui irait d'Oslo jusqu'à la botte de l'Italie», observe Pascal Leroy, secrétaire général du WEEE Forum, la fédération européenne des éco-organismes, cité dans le communiqué d'Interpol.

«L'étude montre qu'en tant qu'activité profitable, avec un faible risque de détection, le commerce illicite de «e-déchets» se développe, ce que les gouvernements peuvent empêcher en usant de sanctions pénales et administratives en rapport avec les profits illégaux comme avec les dommages sociaux et environnementaux engendrés par ce trafic», indique David Higgins, chargé de la sécurité environnementale à Interpol.

Norvège championne des «e-déchets»

Le poids des déchets électriques et électroniques, ou «e-déchets», a atteint un record dans le monde en 2014, à 41,8 millions de tonnes, contre 39,8 millions en 2013, selon un rapport de l'UNU publié en avril. La Norvège est le pays qui produit la plus grande quantité de «e-déchets» par habitant, avec 28,4 kg, suivi de la Suisse (26,3 kg) et de l'Islande (26,1 kg). La France arrive en 8e position, avec 22,2 kg par habitant.