Voitures électriques: Pourquoi les ventes ne décollent pas

CONSOMMATION Malgré les incitations, gouvernementales et commerciales, la part de marché de ces véhicules « écolos » reste encore confidentielle. « 20Minutes » vous dit pourquoi…

Jane Hitchcock

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La Renault Zoé arrive en tête des ventes de voitures électriques en France, en 2014.
La Renault Zoé arrive en tête des ventes de voitures électriques en France, en 2014. — PLV/SIPA

Les immatriculations de voitures électriques en France ont progressé de plus de 20 % en 2014 mais leur part de marché ne correspond qu’à 0,59 % du 1,79 million de voitures neuves vendues l’année dernière dans l’Hexagone. Pourquoi les ventes ne décollent-elles pas ? Quelques éléments de réponse.

Encore trop chères ?
Près de 10.600 voitures particulières électriques ont été immatriculées en 2014 en France, contre 8.800 en 2013. « Il est vrai que la part de marché des électriques est encore faible mais elle augmente tous les ans et surtout depuis ce printemps, avec la mise en place du bonus écologique renforcé », analyse Serge Cometti, patron de la PME basée à Toulouse, Ora Véhicules Electriques. « Au final, le prix d’une Zoé revient au même tarif qu’une Clio diesel », calcule-t-il. Sur le marché de l’électrique pour les professionnels et les collectivités, Larbi Marrakchi, fondateur de Lease Green, à Orléans, estime, lui, que « l’évolution est là, et elle est encourageante. D’autant que le frémissement ressenti par les constructeurs, qui en fabriquent tous désormais, les conduit à ce que, chaque année, ils proposent de nouvelles offres. Cela va mûrir dans l’esprit des automobilistes… », espère-t-il.

Une faible autonomie
Le luxueux Model S de l’américain Tesla promet 500 km d’autonomie. Prix de départ : 60.000 euros tout de même. S’il arrive en cinquième position du marché hexagonal 2014 avec 328 exemplaires vendus (derrière la Renault Zoé, la Nissan Leaf, la Bluecar de Bolloré et la citadine Smart du groupe Daimler), Tesla n’en démord pas : l’avenir de la voiture électrique se joue dans sa batterie, qu’il fabrique dans une « gigafactory » du Nevada… Autre exemple : le Metron 7, ce monospace qui vient de parcourir 826 km en une seule charge. Problème : ce n’est encore qu’un prototype. Renault et Nissan promettent aussi un autre modèle doté d'une autonomie de 450 km mais, il n'est pas encore sur le marché. « L’autonomie est un frein à l’achat, c’est vrai. Cependant 80 % des automobilistes parcourent moins de 80 km par jour, ce qui correspond à l’autonomie moyenne des voitures électriques », affirme Serge Cometti, qui s’interroge : « Pourquoi une électrique ne leur suffirait-elle pas ? »

Le problème des bornes de recharge
Inhérent au souci d’autonomie des voitures électriques : le manque des bornes de recharge. « Les gens ont tellement peur de tomber en panne, qu’ils ont peur d’acheter », estime Serge Cometti. Pour commencer, « les standards sont différents selon les constructeurs », précise le spécialiste. Tesla, par exemple, a choisi d’installer sa propre infrastructure, reliée au GPS de ses voitures. Ensuite, « lorsqu’on habite au cinquième étage d’un immeuble, comment faire pour recharger sa voiture ? » Enfin, le parc de bornes est unanimement jugé insuffisant.

Pour rouler « propre », les Français préfèrent les hybrides
Elles n’ont ni problème d’autonomie, ni souci de recharge de batterie. En 2014, les ventes d’hybrides Toyota sur le marché français se sont élevées à 31.300 unités (27.881 Toyota et 3.419 Lexus) : c’est près de trois fois plus que le nombre d’immatriculations de voitures électriques pour les particuliers en 2014… « Dans le monde, le groupe a franchi récemment le cap des 7,5 millions de voitures hybrides vendues depuis la première Prius en 1997 », précise un responsable du groupe japonais en France. Mais il se met lui aussi à l’électrique : si Toyota n’en commercialise pas, « nous avons conçu l’i-ROAD, intégré - avec 35 exemplaires - au système d’autopartage Citélib de l’agglomération de Grenoble ». Prometteur…