Météo: 2015, l’année où le thermomètre s’est emballé (et c’est pas fini)

CLIMAT Les six premiers mois de l’année ont été les plus chauds depuis le début des relevés météo mais la météo a été capricieuse…

Audrey Chauvet

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Des pakistanais se rafraîchissent dans la mer d'Arabie, en pleine canicule à Karachi, le 20 juin 2015
Des pakistanais se rafraîchissent dans la mer d'Arabie, en pleine canicule à Karachi, le 20 juin 2015 — ASIF HASSAN AFP

Plus chaude que la plus chaude des années. Depuis le début 2015, la température moyenne à la surface des terres et des océans a été de 0,85 degré supérieure à la moyenne du XXe siècle, a annoncé ce lundi l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). Le mois de juin en particulier a été de 0,88 degré plus chaud que la moyenne, battant ainsi le record de 2014.

Record de froid en Antarctique

Si la France et l’Europe ont bien senti ce réchauffement, avec un hiver et un printemps doux suivis de journées très chaudes dès le mois de juin et d’une canicule en juillet, tous les pays du monde n’ont pas été logés à la même enseigne. En janvier, une vague de froid faisait grelotter l’est des Etats-Unis, encerclant de glace la statue de la Liberté. Plusieurs Etats ont connu des records de températures négatives et dans le Massachussets, on a enregistré dix fois plus de neige qu’en moyenne.

New York on ice, le 24 février 2015 (Richard Drew/AP/SIPA)

 

Il a aussi fait très froid en Antarctique. Donc plus froid que froid : alors que la température moyenne en mai est de -64°C dans la station russe de Vostok, il a fait en moyenne -70°C en mai 2015. On a même atteint les -80,1°C à la faveur d’un temps très sec et d’un vent faible. Coïncidence ou pas, le record de froid atteint à Vostok était de -89,2°C le 21 juillet 1983, alors que la France était à l’époque victime d’une canicule.

El Niño, le terrible

La chaleur a toutefois bien marqué l’année 2015, qui voit le retour d’El Niño, ce phénomène climatique qui correspond à une accumulation d’eau chaude dans le Pacifique et se traduit généralement par de fortes précipitations en Amérique du Sud, comme ce fut le cas dans le désert de l’Atacama au Chili en mars, mais aussi par un réchauffement du climat en Asie du Sud-Est, au Brésil, en Australie et dans l’archipel indonésien.

Une vague de chaleur exceptionnelle a ainsi frappé l’Inde en mai dernier, en particulier le sud du pays : l’Etat de l’Andhra Pradesh a connu des températures qui ont atteint les 48°C. Plus d’un millier de personnes sont mortes durant les semaines caniculaires du printemps.

Des Indiens sur les routes pendant la canicule, le 28 mai 2015. (Channi Anand/AP/SIPA)

 

La Californie a pour sa part subi une sécheresse historique au printemps, obligeant les habitants des villes californiennes à réduire de 25 % leur consommation d’eau. Et au mois de juillet, en pleine saison sèche, ce sont des précipitations torrentielles qui ont frappé la côte ouest des Etats-Unis après le passage de la tempête tropicale Dolorès, qui serait liée au phénomène El Niño.