«Laudato si’», le message du pape François pour le climat

RELIGION Ce jeudi sera présentée la première encyclique sur le climat et la protection de l’environnement…

Audrey Chauvet

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Le pape François au Vatican, le 14 juin 2015
Le pape François au Vatican, le 14 juin 2015 — Filippo Monteforte AFP

Il a choisi le nom de Saint François d’Assise, celui qui « aime et préserve la création ». Rien d’étonnant à ce que le pape François soit le premier souverain pontife à prendre la parole sur le climat à travers un message fort : l’encyclique baptisée « Laudato si’» («Loué sois-tu ») sur la « sauvegarde de la maison commune » sera présentée ce jeudi à Rome. Dans cette « circulaire », qui ne s’adresse pas uniquement aux fidèles catholiques mais à tous les hommes, le pape confirme l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre le changement climatique.

Un milliard de fidèles = un milliard d’écolos ?

Un message de poids à quelques mois de la conférence des Nations unies sur le climat (COP21) de Paris : « Le pape est le chef spirituel d’une communauté d’un peu plus d’un milliard d’hommes, qui vivent très majoritairement dans les pays en développement, rappelle Bernard Lecomte, journaliste spécialiste du Vatican. L’influence de la parole du pape est réelle dans ces pays, notamment au Brésil, au Nigeria et aux Philippines, qui sont aujourd’hui les grands pays catholiques de la Terre et qui sont au cœur de ces problématiques environnementales. »

Les climatosceptiques ne vont plus savoir à quel saint se vouer : l’encyclique devrait désigner l’homme comme le responsable principal du réchauffement climatique et appeler l’humanité à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Le pape veut promouvoir une écologie « humaine » qui va au-delà de la seule défense de la nature. « Au cœur du message évangélique, il y a l’homme, donc le pape intervient parce que l’homme est menacé, pas parce que la terre est menacée », explique Bernard Lecomte.

La bonne nouvelle de la COP21 ?

Pour le père Cédric Burgun, prêtre du diocèse de Metz enseignant en droit canonique, si l’écologie avait déjà été évoquée par Benoît XVI et Jean-Paul II, cette encyclique marque « l’aspiration de l’Eglise à rejoindre les préoccupations des hommes de ce temps » : « Le pape invite à une vraie conversion écologique, estime-t-il. Il faudra que les prêtres encouragent à la lecture et à la méditation de ce texte pour qu’il soit véritablement reçu par les catholiques. »

Pour les négociateurs qui auront la lourde tâche de parvenir à un accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la fin de l’année, avoir le pape pour allié est une bonne nouvelle. « Dans les pays catholiques, la parole du pape peut mobiliser la fibre morale de la population et des décideurs », estime l’ancien ministre du Développement Pascal Canfin interrogé par La Croix. D’autant plus que le 12 mai dernier, le pape a averti « les puissants de la terre que Dieu les jugera s’ils ont œuvré afin que l’environnement ne soit pas détruit ». Notre empreinte carbone pourrait bien entrer en compte lors du Jugement dernier.