Pourquoi et comment le Roundup va être banni des jardineries

ENVIRONNEMENT Ségolène Royal a annoncé ce mardi que le Roundup pourrait être interdit à la vente dès le 1er janvier 2016…

Audrey Chauvet

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Un bidon de Roundup de Monsanto dans une jardinerie à Lille, le 15 juin 2015
Un bidon de Roundup de Monsanto dans une jardinerie à Lille, le 15 juin 2015 — PHILIPPE HUGUEN AFP

La ministre veut couper l’herbe sous le pied de Monsanto. Ce mardi, Ségolène Royal a annoncé qu’elle voulait interdire la vente en libre-service des produits désherbants contenant du glyphosate dès le 1er janvier 2016. Le produit le plus célèbre contenant ce principe actif, le Roundup de Monsanto, devrait disparaître des rayonnages des jardineries. Pourquoi le Roundup est-il sur liste noire ? Les jardiniers amateurs pourront-ils toujours s’en procurer ? « 20 Minutes » fait le point.

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Pourquoi interdire le Roundup à la vente en libre-service ?

Le Roundup contient du glyphosate, un acide classé « cancérogène probable chez l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) en mars dernier. L’association de défense des consommateurs CLCV avait interpellé le gouvernement le 5 juin pour demander l’interdiction de la vente en libre-service des produits à base de glyphosate, arguant que « cette substance et son principal produit de dégradation, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), ont été retrouvés dans les produits alimentaires, les eaux et les sols, ce qui accroît l’exposition des consommateurs à ces produits ».

Pourra-t-on toujours acheter du Roundup ?

Oui, mais il faudra faire appel à un vendeur. « Nous allons passer à une vente assistée dans une "pharmacie des plantes", explique Thierry Sonalier, président du directoire du groupe Jardiland. Ce sera un comptoir qui permettra aux vendeurs de donner des conseils pour orienter les clients vers des solutions plus naturelles. » Si Thierry Sonalier reconnaît qu’il y aura toujours des « irréductibles » qui voudront du Roundup, il estime que la baisse de la consommation de produits chimiques est un « mouvement de fond » que les clients suivront.

Le glyphosate présente-t-il un risque important ?

Le glyphosate est aujourd’hui la deuxième substance désherbante la plus utilisée en France : les agriculteurs, mais aussi la SNCF, les réseaux routiers, les golfs et les jardiniers amateurs l’utilisent. Résultat : le glyphosate est « le principal pesticide à l’origine du déclassement [dégradation] de la qualité des eaux (dans près de 60 % des cas pour les eaux de surface [rivières, lacs...]) en métropole », selon un rapport rendu en 2010 par l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). D’après cette même étude, du glyphosate a été détecté dans les urines de femmes ayant déclaré en utiliser pour leurs pelouses ou allées.

Pourquoi ne viser que les jardiniers amateurs ?

Plusieurs associations appellent à élargir l’interdiction du glyphosate à l’agriculture qui représente 95 % des usages de glyphosate. « Beaucoup de cultures se basent sur l’utilisation de glyphosate mais on peut s’en passer rappelle Jean-Claude Bévillard, pilote du réseau Agriculture de France Nature Environnement (FNE). Les légumineuses comme la luzerne permettent d’éviter le désherbant. »

Comment sont cultivés les fruits et légumes bio ?

Par quoi remplacer le Roundup dans les jardins particuliers ?

Dans les jardineries Botanic, les produits à base de glyphosate mais aussi tous les pesticides et engrais de synthèse ont été supprimés des rayons depuis 2008. « Il y a encore 3 ans, les méthodes alternatives étaient très basiques : couteau désherbeur, eau bouillante, bâchage, explique Stéphane D’Halluin, responsable du développement durable chez Botanic. On a maintenant un désherbant naturel à base d’acide pélargonique, issu du géranium. L’interdiction va forcer les industriels à accélérer la recherche. »