L’écologie, un ministère mauvais pour la popularité?

POLITIQUE Un sondage révèle que les Français ont une mauvaise opinion de Ségolène Royal…

Audrey Chauvet

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La ministre de l'écologie Ségolène Royal lors d'un meeting sur l'ecotaxe le 9 octobre 2014 à Paris
La ministre de l'écologie Ségolène Royal lors d'un meeting sur l'ecotaxe le 9 octobre 2014 à Paris — Patrick Kovarik AFP

Ségolène Royal est-elle victime de la malédiction du ministère de l’Ecologie ? Dans un sondage Odoxa pour Le Parisien publié ce dimanche, la ministre de l’Ecologie est qualifiée d’« ambitieuse » (80 %), « autoritaire » (62 %) et accusée de « la jouer trop perso » (62 %). 57 % des sondés ont une mauvaise opinion de Ségolène Royal, un résultat en partie lié à des décisions impopulaires prises par son ministère, comme le retour de la pastille automobile. Le ministère de l’Ecologie serait-il une malédiction pour ceux (celles, majoritairement) qui en prennent la tête ?

Un ministre de l’Ecologie, à quoi ça sert ?

Un ministère casse-gueule ?

« Ce n’est pas le pire ministère, estime Daniel Boy, directeur de recherche à Sciences-Po. Généralement, l’écologie n’est pas suffisamment importante dans l’esprit des Français pour ce ministère implique des baisses de popularité. » Les pastilles vertes ne seraient donc pas la principale explication à la baisse de popularité de Ségolène Royal : « Ségolène Royal a un capital de popularité fragile, elle agace prodigieusement des gens qui devraient être de son côté, analyse Daniel Boy. Par exemple, sur la pastille automobile, certains ne vont pas entendre que ce ne sera pas obligatoire et vont être de mauvaise humeur, tandis que les écolos c’est une mesure efficace tant qu’elle est facultative… Elle arrive à mécontenter à la fois ses adversaires et ses partisans. »

A quoi ressemblerait le ministre de l’Ecologie parfait ?

Recyclage difficile

Reste que le ministère de l’Ecologie n’a jamais été un tremplin pour briguer des mandats plus ambitieux. On se souvient des 1,57 % de Dominique Voynet au premier tour de la présidentielle de 2007 et des 1,88 % de Corinne Lepage en 2002. Delphine Batho, « l’insoumise », et Nathalie Koscisusko-Morizet, candidate malheureuse à la mairie de Paris, jouent les rebelles au sein de leur parti. Roselyne Bachelot, Brice Lalonde ou Jean-Louis Borloo n’ont aujourd’hui plus de mandat. Quant à Nicole Bricq, Serge Lepeltier et Philippe Martin, ils ont été vite oubliés.

« On décide souvent de mettre au ministère de l’Ecologie soit des gens qui sont des spécialistes, de bons techniciens, soit des gens qui n’ont pas une grande aura politique, explique Daniel Boy. Ce sont souvent des femmes, par préjugé, parce que les femmes seraient plus proches de la nature… Majoritairement, on ne met pas à ce poste de personnalités très connues. » Ce qui explique leur relative discrétion à la sortie du ministère. Ségolène Royal et Alain Juppé, très brièvement nommé ministre de l’Ecologie au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, pourraient être l’exception qui confirme la règle.