Une forêt sauvage se cache sous la dalle de la BNF

PARIS La mini-forêt de la Bibliothèque François Mitterrand sera accessible ce week-end pour les «Rendez-vous au jardin»…

Audrey Chauvet

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Le jardin de la BNF, dans le 13e arrondissement de Paris.
Le jardin de la BNF, dans le 13e arrondissement de Paris. — A.Chauvet / 20 Minutes

Quelques étages suffisent pour faire un voyage. Depuis la dalle entourée de grues, on n’aperçoit que la cime des arbres. En descendant dans la bibliothèque, le béton cède la place au bois des tables de lecture et les marteaux-piqueurs des chantiers se taisent pour laisser les étudiants se concentrer. Encore un étage plus bas et l’on y est: les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur une odeur de sous-bois inattendue, les fougères vous jettent leur vert au visage et les oiseaux pépient.

Un paysage de forêt sauvage

Bienvenue dans le jardin de la Bibliothèque François Mitterrand (13e arrondissement), préservé des visiteurs pour conserver sa nature sauvage. «C’est un paysage, pas un endroit où l’on se promène», explique Sylvie Boufflet, la responsable du jardin. Chênes, charmes, bouleaux et pins peuplent cette oasis d’un hectare qui devait, selon les plans de l’architecte, être un échantillon de la forêt de Fontainebleau. Mais quelques espèces se sont invitées : «Les oiseaux ont fait leur jardin: ils nous apporté des ronces, des raisins d’Amérique… Nous avons dû en enlever car ce sont des espèces invasives qui posent problème en Ile-de-France», poursuit Sylvie Boufflet.

Les étourneaux, mésanges et éperviers sont néanmoins les bienvenus dans le jardin, labellisé refuge par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). «Nous avons de jeunes éperviers qui sont sûrement venus du bois de Vincennes et se sont installés à Paris intra-muros via la BNF, sourit Sylvie Boufflet. Chaque année, nous avons 4 ou 5 petits.» En revanche, les très attendus faucons pèlerins, qui ont été vus dans d’autres quartiers de Paris, n’ont pas encore été séduits par les nichoirs installés sur une des tours de la bibliothèque.

Oasis de calme

La population d’oiseaux mais aussi d’insectes et de plantes de la BNF intéresse les scientifiques : des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle y ont réalisé un inventaire afin d’étudier les interactions avec les autres espaces verts des environs. C’est maintenant au tour des étudiants de la faculté Paris Diderot de se pencher sur les pollinisateurs: «Ils vont installer une ruche pour voir quels effets cela aura sur la population d’abeilles sauvages», explique la responsable du jardin.

Perdus au milieu des ronces, on oublie vite qu’autour du jardin, la ruche de la BNF et ses quelque 2.000 agents bourdonne tranquillement. «L’architecte s’est inspiré d’un cloître pour concevoir ce jardin intérieur», précise Sylvie Boufflet. Une source de calme pour les lecteurs et pour les oiseaux au beau milieu du tumulte parisien.

Le jardin de la BNF sera ouvert exceptionnellement samedi 6 et dimanche 7 juin de 14h à 18h. Entrée libre.