Deux Français veulent photographier les changements de l’environnement à bord d’un biplan

ENVIRONNEMENT Ils vont reproduire un tour du monde réalisé en 1924…

Audrey Chauvet

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Thomas Launay et Marc Bonguardo veulent faire le tour du monde sur des biplans identiques à ceux des années 1920.
Thomas Launay et Marc Bonguardo veulent faire le tour du monde sur des biplans identiques à ceux des années 1920. — Lenaic Sanz

Ils vont tenter de renouveler un exploit qui n’a eu lieu qu’une fois, il y a 91 ans. Deux officiers de la marine marchande, Marc Bonguardo et Thomas Launay, se sont lancé un défi: faire le tour du monde sur deux biplans identiques à ceux des années 1920. Mais ils ne le font pas que par passion pour ces avions rétro: ils profiteront de leur survol de la planète pour photographier des zones touchées par la déforestation ou la fonte des glaces et comparer leurs clichés avec ceux des années 1920.

Vingt pays, deux océans, 35.000km

Prévu pour démarrer en avril 2017, après une année nécessaire à la construction des avions, leur tour du monde partira du Michigan avant de rejoindre  Vancouver, Tokyo, Oulan Bator, Samarkand, Istanbul, Venise, Paris, Reykjavik et le Groenland. «Nous ferons au moins 70 escales, le but n’est pas de réaliser un exploit sportif mais de prendre le temps de découvrir les cultures des pays que nous traversons», explique Thomas Launay. Ils survoleront 20 pays, deux océans, et parcourront environ 35.000km à 2.000m d’altitude. Le tour du monde devrait durer 4 à 5 mois.

Déforestation, avancée des déserts et fonte des pôles

Accompagnés d’un réalisateur de documentaire, les deux aviateurs feront aussi marcher l’appareil photo. «Nous voulons montrer comment la planète a enduré la pression humaine. L’idée est de pouvoir comparer les images et dire "voilà comment c’était il y a 100 ans, maintenant où en sommes-nous"», poursuit Thomas Launay. Pour des marins de formation, «l’environnement est notre lieu de travail, explique Marc Bonguardo. Nous avons vu les sacs plastiques et la pollution dans la mer, et maintenant, depuis les airs, nous voulons montrer les endroits les plus parlants: la déforestation au Canada et les cicatrices qu’elle laisse sur le sol, l’avancée des déserts et les villages qui ont disparu, la fonte des glaces polaires…».

Toutefois, les deux aventuriers ne veulent pas faire passer l’idée que «la planète est foutue»: «Le syndrome du Titanic, quand on est marin, c’est impossible de l’avoir!, sourit Thomas Launay. Nous voulons montrer aussi que des solutions existent. Les émissions de CO2 de notre tour du monde seront entièrement compensées via un projet de reboisement au Pérou et de protection de la forêt brésilienne. Nous espérons que les partenaires qui nous aideront financièrement joueront aussi le jeu. Si ce n’est pas le cas, nous les amèneront à devenir plus responsables.»