La chasse aux lions et aux léopards rouverte en Zambie

SAFARI La décision d'autoriser de nouveau la chasse aux grands félins repose surtout sur des arguments économiques... 

C.C.M

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Les lions seraient aujourd'hui 4000 en Zambie, selon les chiffres du gouvernement.
Les lions seraient aujourd'hui 4000 en Zambie, selon les chiffres du gouvernement. — CARL DE SOUZA / AFP

Avis aux amateurs de safaris : la Zambie vient de réautoriser la chasse aux lions et aux léopards. Celle-ci avait été interdite en janvier 2013 après un scandale de corruption à la tête de l’Autorité Zambienne de la Faune Sauvage (ZAWA), l’organisme public chargé de la protection de la nature et de la délivrance des permis de chasse.

Avant de prendre cette décision, la ministre du Tourisme Jean Kapata a déclaré que plus aucun scandale ne se produirait : « Nous nous sommes assurés qu’il n’y aura plus de plaintes pour corruption et que seules les personnes répondant aux critères puissent avoir un permis ».

La Zambie avait déjà rouvert les safaris de chasse pour les autres espèces sauvages en août 2014. « Pour les lions, cela démarrera durant la saison de chasse 2016 et 2017 et de façon très prudente », a précisé Jean Kapata, tandis que pour les léopards, la chasse sera rouverte en 2015. Selon la ministre, « le nombre de lions en Zambie est estimé à environ 4.000 et la population de léopards à 8.000, un niveau jugé satisfaisant et suffisant pour rouvrir la chasse ».

La chasse aux léopards va reprendre courant 2015 en Zambie. - LAKRUWAN WANNIARACHCHI/AFP

Des avis qui divergent

Aujourd’hui, ce type de décision divise : la chasse est considérée par certains comme un moyen de réguler les populations d’animaux qui prolifèrent. Ainsi, au Botswana voisin, des habitants réclament la réouverture de la chasse à l’éléphant. Les pachydermes seraient d’après eux devenus dangereux à cause de leur nombre, qui a triplé ces dernières années.

D’autres, comme l’écologiste James Chungu, avaient au contraire salué la précédente décision gouvernementale d’interdire la chasse aux grands félins. « Si vous avez l’impression qu’il y a des zones où les animaux sont trop nombreux et qu’il faut réduire leur nombre, pourquoi ne transportez-vous pas ces animaux dans d’autres parcs qui en manquent pour qu’ils se reproduisent ? », avait-il alors demandé.

Un des arguments des pro-chasse reste qu’elle génère des recettes substantielles grâce aux permis délivrés selon un système de quotas et rachetés par des agences de safaris spécialisées. Cet aspect financier a d’ailleurs grandement motivé le choix de la Zambie.