Pollution à Paris: Moins de pics en 2014, mais des polluants toujours trop présents

POLLUTION Airparif présente un bilan en demi-teinte pour l’année 2014…

Audrey Chauvet

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Illustration de la pollution sur Paris, le 19 mars 2015.
Illustration de la pollution sur Paris, le 19 mars 2015. — HOUPLINE RENARD/SIPA

Plus de 2,3 millions de Franciliens sont encore sous un nuage de pollution : le bilan d’Airparif pour l’année 2014 révèle une légère amélioration par rapport à l’année précédente mais surtout la présence d’un niveau élevé et régulier de particules fines et de dioxyde d’azote dans l’air parisien.

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Seulement 16 jours de pic de pollution

Avec seulement 16 jours de pic de pollution en 2014 contre 36 en 2013, l’Ile-de-France pourrait sembler plus respirable. Mais à y regarder de plus près, cette amélioration, due aux températures plus élevées en moyenne qui ont permis une baisse des émissions du chauffage, cache une pollution tenace : selon les mesures d’Airparif, les concentrations de polluants atmosphériques ont été jusqu’à deux fois supérieures aux valeurs limites fixées par la réglementation le long de certains axes routiers.

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Cinq polluants posent particulièrement problème : le dioxyde d’azote, les particules fines PM10 et PM2,5, l’ozone et le benzène. Le dioxyde d’azote (NO2), provenant majoritairement du trafic routier et en particulier des moteurs diesel, s’est retrouvé logiquement à des concentrations très fortes au voisinage des grands axes de circulation et dans le nord de Paris intra-muros, la rive droite ayant plus d’axes routiers importants que la rive gauche. Au total, 2,3 millions de Franciliens ont été concernés par des dépassements atteignant régulièrement le double du seuil de 40 microgrammes de NO2 par mètre cube d’air.

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Les particules fines s’infiltrent

Les 16 journées de pic de pollution, concentrées sur les mois de mars et avril 2014, ont en revanche été dues aux particules fines. Emises essentiellement par les chauffages et le trafic routier, elles ont provoqué 11 jours de dépassement du seuil d’information et 4 jours de dépassement du seuil d’alerte sur l’année. Les plus grandes, les PM10, se sont concentrées autour de 700km d’axes routiers, exposant ainsi 400.000 Franciliens à plus de 35 jours par an de dépassement du seuil de 50 microgrammes par mètre cube d’air.

Le record revient à l’autoroute A1, dont la station de mesure de la pollution de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a révélé que le seuil avait été dépassé pendant 92 jours en 2014. Le boulevard périphérique d’Auteuil se classe en seconde position, avec 67 jours de dépassement, suivi de la RN2 à Pantin (Seine-Saint-Denis) avec 43 jours de dépassement.

La France pourrait payer très cher

Les dépassements des seuils pour les particules les plus fines, les PM2,5 potentiellement plus dangereuses pour la santé car elles s’infiltrent plus facilement dans les poumons, ont concerné 11,1 millions de personnes, soit plus de 90 % des Franciliens. C’est dans le cœur de l’agglomération parisienne qu’elles ont été le plus nombreuses, avec des teneurs 1,3 à 1,5 fois supérieures à l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé de 10 microgrammes par mètre cube en moyenne annuelle. A proximité du trafic routier, la concentration en PM2,5 a été jusqu’à 3 fois supérieure à cette valeur.

Malgré ces mauvaises nouvelles, Airparif note une relative amélioration de la situation depuis 15 ans : les niveaux de dioxyde d’azote sont en diminution sur une grande partie des axes parisiens et les particules fines PM10 ont baissé de 20 % à certaines stations de mesure, notamment grâce à l’introduction des filtres à particules sur les voitures diesel. Une amélioration encore insuffisante aux yeux de la Commission européenne, dont la procédure de contentieux pour non-respect des valeurs limites menace toujours de soumettre la France à des amendes de 240.000 euros par jour de dépassement.