Solar Impulse 2 se pose en Chine à l'issue de la 6e étape de son tour du monde

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Photo diffusée par le projet Solar Impulse, montrant l'avion Solar Impulse 2 en train de décoller de l'aéroport de Chongqing, dans le sud-ouest de la Chine, le 21 avril 2015
Photo diffusée par le projet Solar Impulse, montrant l'avion Solar Impulse 2 en train de décoller de l'aéroport de Chongqing, dans le sud-ouest de la Chine, le 21 avril 2015 — Solar Impulse Solar Impulse

L'avion Solar Impulse 2, propulsé par la seule énergie solaire, s'est posé mardi à Nankin dans l'est de la Chine, après avoir survolé une grande partie de son territoire, achevant ainsi la sixième étape de son tour du monde.

L'appareil révolutionnaire, piloté par le Suisse Bertrand Piccard, a atterri à Nankin à 23H31 (15h31 GMT), après un vol de 17 heures en provenance de la mégapole de Chongqing (sud-ouest).

L'avion avait décollé de l'aéroport de Chongqing (sud-ouest du pays) à 06h06 locales (22h06 GMT lundi), après des reports répétés dus à des conditions météorologiques défavorables.

«L'équipe (du centre de contrôle de la mission basé à Monaco) a pu identifier des conditions (météo) acceptables aujourd'hui, pas faciles car il y a quand même des nuages sur la route», avait déclaré le pilote dans une interview en vol, diffusée en direct sur le site internet Solarimpulse.

Le voyage de Chongqing à Nankin, d'une distance totale de 1.190 kilomètres, a permis à Bertrand Piccard d'assister au lever du jour au-dessus du fleuve Yangtsé, puis au coucher du soleil sur ce même bassin du Yangtsé, qui irrigue aussi Nankin.

L'avion, à l'envergure impressionnante de 72 mètres, ne devait initialement faire qu'une brève escale à Chongqing. Il y est finalement resté trois semaines, cloué au sol par des conditions météorologiques défavorables.

Mégalopole à la croissance démesurée, Chongqing est fréquemment enveloppée de brumes, aggravées par une pollution persistante, qui ont compliqué le rechargement des batteries au lithium de l'appareil. Des vents contraires ont aussi retardé le départ.

L'un des deux pilotes de l'avion solaire, André Borschberg, a de surcroît dû retourner temporairement en Suisse pour effectuer un contrôle médical en raison de migraines.

Mardi, un porte-parole de Solar Impulse a indiqué à l'AFP qu'André Borschberg serait de retour en Chine d'ici vendredi.

«En souhaitant un bon rétablissement à mon ami (Andre Borschberg)», a tweeté Bertrand Piccard mardi matin en survolant le fleuve Yangtze. «Il aurait dû effectuer ce vol», a-t-il souligné.

Borschberg a répondu en envoyant une photo de Bertrand Piccard assis dans le cockpit, en combinaison de vol de couleur orange et lunettes noires, soulignant qu'il paraissait «en grande forme après plus de 10 heures de vol».

L'avion solaire devrait rester une dizaine de jours à Nankin, le temps d'un check-up complet, avant d'affronter le Pacifique: cette prochaine étape, la plus longue, durera cinq jours consécutifs de vol pour un seul pilote chargé de rallier l'archipel américain d'Hawaï, un périple de 8.500 km.

Les ailes de Solar Impulse 2 sont tapissées de plus de 17.000 cellules photovoltaïques. L'équipe souhaite promouvoir par ce voyage l'usage de l'énergie renouvelable, et en particulier l'énergie solaire.

Moquée au départ par l'industrie aéronautique, l'aventure est maintenant bien accueillie dans le monde, y compris par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Solar Impulse 2 est parti le 9 mars d'Abou Dhabi (Emirats arabes unis). Il a fait escale au sultanat d'Oman, en Inde, en Birmanie, puis en Chine.

Au total, l'appareil parcourra 35.000 kilomètres, à une vitesse relativement modeste (entre 50 et 100 km/h), en survolant deux océans. Cette circonvolution, à 8.500 mètres d'altitude au maximum, était prévue au départ pour durer cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour à Abou Dhabi.