Pesticides: la Confédération paysanne regrette le coût élevé des alternatives

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Un agriculteur épand des pesticides sur un champ de pommes de terre, dans le nord de la France, en 2012
Un agriculteur épand des pesticides sur un champ de pommes de terre, dans le nord de la France, en 2012 — Philippe Huguen AFP

La Confédération paysanne, syndicat agricole minoritaire, a regretté jeudi le coût élevé des alternatives aux pesticides, y voyant le signe que les politiques publiques ne sont pas assez clairement orientées en faveur de la baisse des produits phytosanitaires.

«Il existe des alternatives techniques aux pesticides mais on en évoque rarement le coût», a affirmé Emmanuel Aze, responsable fruits et légumes du syndicat fondé par José Bové, lors d'une conférence de presse à Paris.

Selon lui, ces méthodes ou produits alternatifs sont «beaucoup plus coûteux» pour les agriculteurs que les produits traditionnels.

L'agriculteur cite l'exemple d'un produit mis au point par la firme américaine Dow Chemical comme alternative au diméthoate, un insecticide utilisé pour lutter contre une mouche qui s'attaque aux fruits et à la vigne.

«Ce produit est beaucoup moins toxique que le diméthoate, mais il coûte au moins dix fois plus cher à l'hectare (en France, ndlr). Ce n'est pas lié au coût de production de la molécule, car Dow Chemical la vend 40% moins cher en Espagne et 80% moins cher au Maroc», assure M. Aze.

Mais le fabricant détermine le prix «en fonction de l'acceptabilité sociale» du prix à payer pour l'agriculture bio, plus élevée en France selon lui.

D'autres méthodes, qui consistent par exemple à éliminer les branches contaminées par des bactéries, à utiliser des filets anti-insectes ou des bâches anti-pluies sont aussi «très coûteuses, surtout au vu des marges des producteurs», estime-t-il.

Pour le syndicaliste, les politiques publiques agricoles visent à «concentrer l'offre» et donc les organisations de producteurs, pour «faire face à la pression de la grande distribution sur les prix».

Résultat: «les rares aides sont versées seulement aux grosses organisations de producteurs» et pas aux petits paysans ou à ceux qui travaillent en circuit court.

La Confédération paysanne appelle donc à une réorientation des aides de la Politique agricole commune (PAC).

Le porte-parole du syndicat, Laurent Pinatel, s'est toutefois réjoui d'un «début de prise de conscience» du problème des pesticides, après le vote la semaine dernière par l'Assemblée nationale de l'interdiction des néonicotinoïdes, réputés toxiques notamment pour les abeilles.