Réchauffement climatique: La mer monte beaucoup plus vite depuis une vingtaine d'années

RAPPORT Le niveau des eaux françaises augmente de 3,2 mm par an...

20 Minutes avec agences

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Ilot au large de Bora-Bora, en Polynésie française.
Ilot au large de Bora-Bora, en Polynésie française. — Marcel Mochet AFP

L'élévation du niveau de la mer le long des côtes françaises, causée par le réchauffement climatique, a été plus rapide depuis une vingtaine d'années. Et le phénomène est mondial. En moyenne, sur la planète, «ces deux dernières décennies, la mer est montée plus vite que pendant le reste du XXe siècle: on est passé de 1,7 mm/an à 3,2 mm/an», a expliqué Anny Cazenave, spécialiste des océans et l'un des auteurs d'un rapport intitulé Changement climatique et niveau de la mer: de la planète aux côtes françaises.

Un satellite pour surveiller le niveau de l'eau sur Terre

Même si «les côtes de l'Hexagone se situent dans cette moyenne (...), la mer ne monte pas de manière uniforme sur le globe», a précisé Anny Cazenave. Le Pacifique ouest, par exemple, a enregistré une hausse beaucoup plus forte que le reste du monde.

Sept centimètres en vingt ans

Le rapport, remis ce mercredi à Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie, et coordonné par le climatologue Jean Jouzel, souligne qu'à l'échelle du globe, le niveau de la mer moyen a gagné un peu moins de 20 centimètres au XXe siècle, mais que la hausse a été de 7 centimètres ces vingt dernières années.

Prenant en «compte les derniers résultats du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) et les dernières études d'impact», les auteurs signalent également qu'en Polynésie, la mer est montée de 21 centimètres en seulement soixante ans (1950-2010) et de 12 centimètres en Nouvelle-Calédonie sur la même période.

Jusqu'à 82 centimètres d'ici à 2100

Pour les décennies à venir «la hausse va se poursuivre», rappellent les scientifiques en citant les prévisions du Giec entre aujourd'hui et 2100: 26 à 55 centimètres en moyenne dans le scénario le plus optimiste, mais très peu probable, et entre 45 et 82 centimètres dans le scénario le plus pessimiste, si rien de plus n'est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.

Alors que la hausse devrait être plus marquée en Arctique, dans les tropiques et sur la côte Est des Etats-Unis, Anny Cazenave précise que, «pour l'Europe occidentale, on peut s'attendre à une hausse de l'ordre de la moyenne globale, mais un peu plus marquée en mer du Nord».