Brésil: Le «roi de la déforestation illégale» arrêté

JUSTICE Considéré comme le plus grand défricheur illégal de la forêt amazonienne, Castanha encourt jusqu'à 54 ans de prison...

20 Minutes avec agences

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Déforestation illégale dans la forêt amazonienne au Brésil le 14 octobre 2014
Déforestation illégale dans la forêt amazonienne au Brésil le 14 octobre 2014 — Raphaël Alves AFP

L'agence environnementale brésilienne (Ibama) vient de confirmer la mise en détention provisoire d'Ezéquiel Antonio Castanha, accusé d'être le plus grand défricheur illégal de la forêt amazonienne.

Actuellement placé à la prison d'Itaituba (Etat du Pará, à 1.613 kilomètres de la capitale Belem) jusqu'à son procès, Castanha, qui avait réussi, en août dernier, à prendre la fuite lors d'une vaste opération de police, a été capturé, ce 21 février, «à l'aide d'un hélicoptère dans sa ferme à Novo Progresso», a indiqué, ce mardi, Luciano Evaristo, directeur de la protection environnementale à Ibama. «Il fallait arriver par surprise, car il est le « roi » de la région, et tout le monde l'aurait prévenu si on nous avait vus.»

 

«Si on ne déboisait pas, le Brésil n'existerait pas!»

Castanha était le «capo» d'une bande organisée qui dévaste une zone située en bordure de la route BR 163, dans l'ouest du Pará. Le groupe envahit des terres publiques, y met le feu et les défriche ensuite pour les cultiver, y faire de l'élevage, ou encore en faire des parcelles qu'il loue ou vend à prix d'or, jusqu'à 9 millions de dollars pour une ferme.

La première infraction de celui qui aimait souligner que «si on ne déboisait pas, le Brésil n'existerait pas!» remonte à 2006. Avec sa bande, il avait défriché 288 kilomètres carrés (près de trois fois la superficie de Paris), dont des parcs nationaux. 

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Accusé de déboisements illégaux, d'association de malfaiteurs, de blanchiment d'argent et d'usage de faux, Ezéquiel Antonio Castanha, propriétaire d'un supermarché, d'hôtels, de concessionnaires automobiles, risque aujourd'hui de 46 à 54 ans de prison ferme.