Où en est-on des négociations sur le climat ?

ENVIRONNEMENT Les discussions reprennent ce dimanche à Genève avant l’étape cruciale de la conférence de Paris fin 2015

Faustine Vincent

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Le soleil pointe derrière une centrale thermique à Sofia, Bulgarie, le 31 janvier 2012. Le président français François Hollande a estimé lundi que donner "un prix" au carbone serait un critère de réussite de la conférence climat qui se déroulera fin 2015 à Paris
Le soleil pointe derrière une centrale thermique à Sofia, Bulgarie, le 31 janvier 2012. Le président français François Hollande a estimé lundi que donner "un prix" au carbone serait un critère de réussite de la conférence climat qui se déroulera fin 2015 à Paris — Dimitar Dilkoff AFP

Les négociations sur le climat reprennent ce dimanche à Genève jusqu’au 13 février pour parvenir à un accord avant la conférence cruciale de Paris, qui se tiendra en décembre 2015. Lors de cette étape intermédiaire, les participants travailleront sur le brouillon du texte de l’accord de Paris. «On a 35 pages mal fichues. L’angoisse, c’est de sortir avec 200 pages. C’est ce qu’on doit éviter. L’objectif de Genève, c’est de sortir avec 30 pages ‘’nettoyées’’ pour avoir un texte amélioré», explique Laurence Tubiana, ambassadrice de la France en charge des négociations internationales sur les changements climatiques.

La conférence «Paris 2015», aussi appelée «COP21» et où sont attendus entre 20.000 et 25.000 membres des délégations de 195 pays représentés, est une échéance cruciale.  Elle doit en effet aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous les pays, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C. Cet accord posera le cadre d’une transition vers des sociétés et des économies résilientes et sobres en carbone.

Les contributions des pays annoncées en juin

D’ici là, conformément à la feuille de route commune adoptée lors de la conférence de Lima en décembre, chaque pays devra communiquer sa «contribution», c’est-à-dire le niveau de réduction de gaz à effet de serre (responsables du changement climatique) qu’il s’engage à atteindre. «Les signaux que nous avons, c’est que les pays font cela sérieusement», souligne Laurence Tubiana. Toutes les contributions seront annoncées en juin et expliquées par chaque pays jusqu’en septembre. Elles devront ensuite être transformées en engagement lors de la conférence de Paris, et constitueront un «socle» sur lequel il ne sera pas possible de revenir à la baisse.

Un mois plus tôt, en mai, les entreprises et organisations du secteur privé souhaitant elles aussi «faire quelque chose pour le climat» se mobiliseront. L’idée est de les impliquer davantage et de faire des émules. Car pour l’heure, faute d’informations sur ce qu’elles peuvent proposer, les gouvernements ont tendance à faire des scénarios trop pessimistes.

«La pression vient du fait qu’on se surveille mutuellement»

Entre juin et la conférence de Paris, le tempo sera plus politique. «L’objectif sera de trouver des compromis sur les 5 ou 6 points sensibles du texte», explique l’ambassadrice chargée des négociations internationales. Certains pays émergents s’inquiètent notamment de la nature juridique  du texte : sera-t-il opposable en droit international, ce qu’ils percevraient comme une ingérence dans leurs affaires, ou en droit national ? Cette question devra être tranchée.

«On a besoin d’un accord clair, solide et contraignant sur une longue période», rappelle Laurence Tubiana. Il n’y aura pas de sanctions pour autant. «La contrainte, c’est l’obligation pour les pays de faire quelque chose et d’être transparent. La pression vient du fait qu’on se surveille mutuellement, et que les effets de réputation jouent si un pays venait à mettre en place des politiques différentes de ses engagements», poursuit-elle.

Mardi, l'Organisation météorologique mondiale (OMM), une institution spécialisée des Nations unies, a confirmé que l'année 2014 a bien été la plus chaude jamais enregistré sur la terre, et que la tendance se poursuit. Un constat qui s’inscrit dans la logique d'un climat en évolution, selon son secrétaire général, Michel Jarraud.