Voitures électriques: +20% en 2014 mais part de marché encore faible

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Des voitures électriques devant le Grand Palais à Paris, le 11 septembre 2011
Des voitures électriques devant le Grand Palais à Paris, le 11 septembre 2011 — Thomas Samson AFP

Les immatriculations de voitures électriques en France ont progressé de plus de 20% en 2014 mais la part de marché du «zéro émission» reste encore confidentielle malgré le volontarisme gouvernemental et les offres commerciales agressives des constructeurs.

Au total, 10.560 voitures particulières électriques ont été immatriculées pendant l'année 2014, contre 8.779 en 2013, a indiqué lundi le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Cette hausse de 20,3% contraste avec celle du marché des voitures neuves l'année dernière: +0,3%, alors que 2013 avait marqué un point bas depuis la crise ouverte en 2008. Mais les voitures électriques restent encore anecdotiques, représentant 0,59% du 1,79 million de voitures neuves immatriculées en 2014.

«C'est vrai que les volumes sont encore assez marginaux par rapport à l'ensemble du marché, mais pour un marché aussi jeune c'est très positif», assure Marie Castelli, secrétaire générale de l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique (Avere-France).

Les acheteurs, selon elle, ont pu être rebutés en début d'année par une modification des assiettes de calcul de bonus sur les locations longue durée, qui leur faisaient perdre un avantage de 2.000 euros. Or, 60% des voitures électriques sont immatriculées ainsi. Une fois réinstauré, ce dispositif s'est traduit par un bond des transactions lors du second semestre, selon elle.

La fin de l'année a aussi été marquée par des annonces gouvernementales destinées à soutenir le développement des voitures électriques: un «superbonus» portant à 10.000 euros l'aide à l'achat d'une telle voiture contre la mise au rebut d'un vieux diesel, et un ambitieux programme d'installation de bornes de recharge. Près de 10.000 sont aujourd'hui disponibles.

De leur côté, plusieurs constructeurs ont adopté des mesures commerciales agressives, avec par exemple des offres de location longue durée à partir de 169 euros par mois après apport. Nissan y inclut notamment des bons de location pour ceux qui voudraient profiter de véhicules à moteur thermique pendant leurs vacances.

- La Zoé en pointe -

Mais c'est son partenaire Renault qui s'est arrogé plus de la moitié des ventes de voitures particulières électriques avec sa petite Zoé, écoulée à 5.970 exemplaires en 2014, dont 1.182 en décembre. «On semble avoir atteint la vitesse de croisière. Pour 2015, l'objectif est de vendre 10.000 Zoé», dit Philippe Buros, directeur commercial France de Renault.

Nissan a séduit 1.604 acheteurs avec sa voiture moyenne Leaf mais compte toujours atteindre entre 2.000 et 2.500 unités sur son exercice décalé qui se conclut le 31 mars, selon le président du constructeur pour l'Europe de l'Ouest, Bernard Loire.

La Bluecar de Bolloré, essentiellement dévolue aux solutions de location à l'heure dans des grandes villes (dont Autolib' à Paris), a quant à elle obtenu 1.170 immatriculations.

A noter les résultats de Tesla, firme américaine qui propose sa berline «Model S» à partir de 60.000 euros: 328 exemplaires ont été immatriculés en France en 2014, en faisant le cinquième modèle électrique le plus diffusé, après la citadine Smart (groupe Daimler) dont 509 modèles ont été mis sur la route.

Tesla promet que ses Model S peuvent couvrir jusqu'à 500 km entre deux recharges, alors que l'autonomie reste un frein à l'acquisition des véhicules électriques. Mais pour Mme Castelli, ce blocage est avant tout psychologique puisque les automobilistes français «font en moyenne 31 km par jour. Avec une autonomie de 150 km, c'est largement suffisant».

Reste à prendre la mesure de l'effet de la baisse actuelle des cours du pétrole sur les ventes de véhicules électriques: elle pourrait notamment changer l'équation de rentabilité des gestionnaires de flottes d'entreprise, alors que le marché de l'utilitaire électrique s'est replié de 13% en 2014.

Le choix de rouler à l'électrique «va au delà de la simple économie d'énergie, on n'a pas vu un client qui reconsidérait son achat électrique parce que le prix du gazole baissait», affirme M. Loire.