Suspension des travaux de Roybon: Les opposants ont «gagné une bataille, pas la guerre»

ENVIRONNEMENT La justice a ordonné ce mardi la suspension des travaux du projet de Center Parcs…

A.B.
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Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu le chantier du projet de Center Parcs de Roybon.
Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu le chantier du projet de Center Parcs de Roybon. — Philippe Desmazes AFP

Les associations de protection de l’environnement et les zadistes ont remporté une victoire. Le tribunal administratif de Grenoble a suspendu ce mardi l'un des deux arrêtés du préfet de l'Isère autorisant les travaux de défrichement du chantier du futur Center Parcs à Roybon (Isère).

Une suspension au nom de la loi sur l'eau

Le juge des référés a suspendu l'arrêté du 3 octobre dernier, qui délivrait une autorisation à la société «Roybon Cottages», au titre de la loi sur l'eau. Il a toutefois rejeté les trois autres recours visant le second arrêté, datant du 16 octobre dernier, qui autorisait la destruction d'espèces protégées. Mais la suspension du premier référé suffit à suspendre le défrichement.

«Nous sommes satisfaits, pour nous c’est une victoire», confie à 20 Minutes Christian Brely, président de la Fédération de pêche de la Drôme, qui a déposé le recours ayant entraîné la suspension du chantier. 

Noël avant l'heure pour les verts

Europe Ecologie-les Verts a salué la «victoire du droit», appelant à «l'abandon du projet» actuel. Pour l'eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, qui avait pris part aux manifestations contre le projet, cette décision du tribunal est «un beau cadeau avant Noël».

Une nouvelle qui réjouit également les jeunes écologistes de Grenoble.

Des travaux suspendus, mais pour combien de temps?

Cette décision «ne devrait pas permettre d'arrêter les travaux», estime Serge Perraud, le maire de Roybon, favorable au projet«Certains de nos avocats sont formels là-dessus. Ce n'est pas un coup d'arrêt mais une étape dans la validation de ce chantier!», assène-t-il, confiant.

Maurice Vicat, son premier adjoint, est plus pessimiste. «Ce n'est pas une bonne nouvelle pour notre commune, c'est une catastrophe. On a vraiment besoin de ce projet», a-t-il déclaré, espérant que «d'autres recours [soient] possibles».

Conscient du caractère provisoire de la décision, le président de la Fédération de pêche de la Drôme le reconnaît lui-même: «nous avons gagné une bataille, mais pas la guerre». Le juge a en effet considéré qu’il n’y avait pas de doute sérieux sur la légalité de la première autorisation portant sur la «dérogation espèces protégées».

Center Parcs n'a pas dit son dernier mot

Dans un communiqué, le Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs s'estime donc «légitime à poursuivre le défrichement dans le respect des autorisations délivrées».

Dans l’attente du jugement au fond, c'est au titre de la loi sur l’eau, nécessaire pour accompagner les opérations de construction postérieures au défrichement, que le juge a suspendu l’exécution de cette autorisation.

Sur ce deuxième point, le Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs se réserve d'ores et déjà «la possibilité de se pourvoir en cassation auprès du Conseil d’Etat».