Les trois bonnes nouvelles pour le climat du sommet de Lima

CLIMAT On avait tendance à désespérer des sommets mondiaux sur le climat, mais cette année pourrait marquer un tournant dans les négociations…

Audrey Chauvet
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Le ministre péruvien de l'Environnement ouvre la COP20 le 1er décembre 2014, à Lima.
Le ministre péruvien de l'Environnement ouvre la COP20 le 1er décembre 2014, à Lima. — Martin Mejia/AP/SIPA

Trouver un accord sur le climat ne devrait pas être le Pérou. Alors que les négociations piétinaient depuis l’échec retentissant du sommet de Copenhague en 2009, les réunions qui ont lieu à Lima jusqu’au 12 décembre pourraient enfin ouvrir la voie à un accord mondial. Pour les membres de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), Lima ouvre même la voie à un sommet réussi à Paris en 2015. Voici pourquoi.

Les Etats-Unis et la Chine s’engagent

Ils étaient les mauvais élèves du climat, voilà que les Etats-Unis et la Chine, deux des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre au monde, ont convenu en novembre dernier de réduire leurs émissions de CO2. «Cela donne une tonalité tout à fait différente aux négociations, estime Teresa Ribera, directrice de l’Iddri. Cet engagement signifie que le climat et la transition énergétique deviennent un sujet important pour eux.» Même si les objectifs fixés par les Etats-Unis et la Chine peuvent sembler insuffisants, le message politique est fort.

Le texte des négociations se précise

Cette fois, il ne devrait pas y avoir de grosses dissensions entre les pays présents à Lima sur le contenu du texte qui préfigurera l’accord de 2015. «Le texte a été resserré sur vingt pages et contient tous les éléments nécessaires pour aboutir à un accord de nature juridique», explique Thomas Spencer, le directeur du programme climat de l'Iddri. A priori, le texte sera constitué d’un socle juridique fixant les grands objectifs et d’un ensemble de décisions pour le mettre en œuvre, adaptables et révisables à échéance régulière. «C’est un signal politique important: l’accord doit inscrire l’action climatique dans la durée», estime Thomas Spencer.

Le «Fonds vert» est légitimé

Certes, sur les 100 milliards de dollars demandés par les pays en développement pour financer leur adaptation au changement climatique et leur développement «vert», seuls 10 milliards ont été promis par 21 pays. On est donc encore bien loin du compte, d’autant plus que les pays les plus riches ont déjà cotisé. Mais pour Thomas Spencer, le débat autour de ces 100 milliards est «plus politique que technique»: «Il est très difficile d’estimer le besoin de financement: les dernières estimations donnent une fourchette de 39 à 175 milliards d’euros. Mais il y a maintenant un consensus mondial sur l’effort à fournir dans ce domaine.» Cela devrait nettement faciliter les négociations avec les pays du Sud, pour qui ces financements étaient une condition indispensable.