Center Parcs de Roybon: un «projet préhistorique», pour le maire de Grenoble

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Des opposants au projet de Center Parcs de Roybon (Isère) occupent une maison forestière à proximité du chantier de défrichement, le 30 novembre
Des opposants au projet de Center Parcs de Roybon (Isère) occupent une maison forestière à proximité du chantier de défrichement, le 30 novembre — Philippe Desmazes AFP

Le maire de Grenoble, Eric Piolle (EELV), a qualifié de «projet préhistorique» le village vacances Center Parcs en construction à Roybon (Isère), qui fait l'objet d'une vive contestation depuis quelques semaines.

«C'est un projet préhistorique en termes de modèle global. C'est du bâtiment financé par la défiscalisation pour un modèle environnemental désastreux (...), pour un tourisme qui n'est pas le tourisme de demain avec des emplois qui ne sont pas des emplois de qualité», a déclaré M. Piolle en marge d'une conférence de presse.

«Si l'on ajoute à ça le fait que l'enquête publique rend un avis négatif et qu'on continue quand même...», a-t-il ajouté.

L'enquête publique au titre de la loi sur l'eau a rendu cet été un avis défavorable sur le projet, pointant l'impact néfaste du futur complexe touristique sur les zones humides. La préfecture de l'Isère a donné son feu vert au lancement des travaux en octobre.

«Le concept même de Center Parcs est écologique. Avec un taux de remplissage moyen de 90%, les cottages des Center Parcs remplissent la même fonction que neuf résidences secondaires ou trois gîtes, avec une empreinte écologique bien moindre», a affirmé de son côté Alain Cottarlorda, président (PS) du conseil général de l'Isère, dans Le Dauphiné Libéré.

«Les minorités agissantes qui tentent de s'opposer à ce projet par la force, l'intimidation et la manipulation, veulent imposer leur volonté au mépris des principes fondamentaux de notre démocratie», a-t-il dénoncé. L'ancien président du conseil général de l'Isère et actuel secrétaire d'Etat André Vallini (PS) est un des premiers partisans du projet.

Dimanche, entre 600 et 1.000 personnes ont manifesté dans la forêt de Chambaran contre le chantier. Une centaine d'opposants, membres du collectif Zad (Zone à défendre) Roybon, occupe depuis lors une maison forestière de l'office national des forêts (ONF) à proximité du chantier.

Ils ont reçu mardi matin à 09H00 la visite d'un huissier qui a constaté l'occupation illégale des lieux, a confirmé la gendarmerie à l'AFP.

Le Center Parcs de Roybon doit accueillir un millier de cottages, des commerces et des restaurants autour de l'«Aquamundo», une bulle transparente maintenue à 29°c, avec piscine, jacuzzi, etc. Le projet prévoit 697 créations d'emplois et d'importantes retombées fiscales pour les collectivités locales.