Les enjeux de la conférence internationale sur le climat en cinq chiffres

CLIMAT Ce lundi s’ouvre la COP20, la vingtième conférence des Nations unies sur le climat, au Pérou…

Audrey Chauvet

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Des militants d'Oxfam déploient une banderole à Lima, au Pérou,  le 29 novembre 2014.
Des militants d'Oxfam déploient une banderole à Lima, au Pérou, le 29 novembre 2014. — Rodrigo Abd/AP/SIPA

La grand-messe annuelle du climat commence ce lundi à Lima, au Pérou. Cette vingtième conférence des Nations unies sur le climat («COP20» pour les initiés) est un échauffement pour la prochaine conférence très attendue en décembre 2015 à Paris. Mais déjà, les représentants des 195 pays réunis ont du travail pour freiner le réchauffement climatique. 20 Minutes résume les enjeux de cette COP en cinq chiffres à retenir.

+4°C

C’est le réchauffement moyen de la planète d’ici la fin du siècle si nous ne faisons rien. Avec un rythme de croissance de +2,2% par an, les émissions de gaz à effet de serre mondiales font courir un grave danger à la planète. Les scientifiques préconisent une baisse de ces émissions suffisante pour limiter le réchauffement à +2°C. Au-delà, les conséquences sur le niveau des mers, les événements climatiques extrêmes comme les tempêtes ou sur la biodiversité seront difficilement prévisibles et donc incontrôlables. Pour réussir à freiner le réchauffement, chaque pays devra annoncer d’ici à 2015 sa «contribution nationale» à l’effort global.

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-40%

C’est l’engagement pris par l’Union européenne de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. En 2030, les pays de l’UE devront avoir réduit leurs émissions de CO2 de 40%  par rapport au niveau de 1990. Les 28 chefs d’Etat européens se sont aussi engagés à porter à 27% la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique et à faire 27% d’économies d’énergie par rapport à 1990. De beaux engagements qui visent à remettre l’Europe en position de leader sur le climat dans les négociations internationales et à réduire sa dépendance énergétique, mais les ONG ont reproché le manque d’ambition de ces objectifs. A Lima, l’Europe sera attendue pour entraîner dans son sillage les pays moins engagés dans la lutte contre le changement climatique.

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-28%

C’est l’engagement des Etats-Unis, pris en novembre par Barack Obama, de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025. Cet objectif, une grande première pour les Etats-Unis, a été pris en marge du Forum de coopération Asie-Pacifique et en concertation avec la Chine, qui s’engage, elle, à diminuer ses émissions à partir de 2030. Cet accord, timide, a néanmoins le mérite de marquer un premier pas vers l’entrée dans le groupe des pays volontaristes de deux géants jusque-là très réticents à brider leur croissance économique pour préserver le climat. Cela pourrait préfigurer de la ratification d’un accord mondial en 2015 si les négociations de Lima n’en demandent pas trop aux Etats-Unis et à la Chine.

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100 milliards de dollars

C’est le montant de l’aide qui doit être accordée aux pays du Sud d’ici à 2020 pour leur adaptation au changement climatique. Les pays en développement estiment que les pays riches, responsables de la majeure partie des émissions de gaz à effet de serre, doivent les aider financièrement à s’adapter au changement climatique et à se développer de manière «verte». Le Fonds vert a déjà reçu 9 milliards de dollars de promesses de dons de la part de 21 pays, dont un milliard de la France. Mais les pays du Sud ne s’engageront pas dans un accord global de réduction des émissions s’ils n’obtiennent pas la certitude que leurs besoins financiers seront comblés.

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2015

Ce sera l’année cruciale pour un accord mondial sur le climat. La conférence de Lima doit permettre de mettre tout le monde d’accord pour aboutir l’an prochain à une ratification internationale d’objectifs chiffrés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Si tous les regards se tourneront en décembre prochain vers Paris, la mobilisation pour que le climat revienne en haut de la pile des dossiers des dirigeants du monde a commencé en septembre dernier à New York: plus de 300.000 personnes avaient envahi les rues pour demander aux chefs d’Etat, en marge d’un sommet de l’ONU, d’agir pour le climat. La France espère que cet engouement, renaissant après la déception de Copenhague en 2009, ne s’essoufflera pas.

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