Conférence de Lima sur le climat: Deux semaines clés avant le rendez-vous de Paris

ENVIRONNEMENT Chaque pays devra annoncer «sa contribution nationale» avant la mi-2015..

N.Beu. avec AFP

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La conférence des Nations unies sur le climat à Lima, au Pérou, le 30 novembre 2014.
La conférence des Nations unies sur le climat à Lima, au Pérou, le 30 novembre 2014. — MARTIN BERNETTI / AFP

Feu vert à Lima. Quelque 190 délégations du monde entier se retrouvent lundi dans la capitale du Pérou pour deux semaines de négociations sur les engagements de chaque pays dans la lutte contre le réchauffement climatique, afin d'ouvrir la voie à un accord multilatéral dans un an à Paris.

Le constat est désormais largement partagé par la communauté internationale: il y a urgence à agir à une échelle beaucoup plus ambitieuse car les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître (+2,2% par an). A ce rythme, la planète se dirige vers une hausse des températures d'environ 4°C d'ici la fin du siècle par rapport à l'ère pré-industrielle. «Jamais les risques du changement climatique n'ont été aussi évidents et les impacts aussi visibles», souligne Christina Figueres, la secrétaire exécutive de la Convention sur le changement climatique des Nations unies, sous l'égide desquelles se déroulent ces discussions.

Des objectifs précis

Pour autant, les changements à opérer pour limiter à 2°C la hausse de la température du globe -un seuil au delà duquel les experts prédisent des impacts irréversibles et dramatiques dans de nombreuses régions- sont drastiques. Mais il est possible de relever le défi, techniquement et financièrement, a conclu le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) dans sa synthèse mondiale publiée cette année. Ce sont près de deux tiers des réserves fossiles connues qu'il faudrait laisser dans le sol, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), une perspective à laquelle sont réticents les pays producteurs et les multinationales du secteur.

Pour remplacer pétrole, charbon et gaz, il faudrait aussi investir massivement à l'échelle mondiale dans les énergies non émettrices de CO2. D'après le Giec, les investissements dans ces énergies doivent tripler, voire quadrupler entre 2010 et 2050. Il va falloir également poursuivre les formidables progrès déjà réalisés en matière d'efficacité énergétique des bâtiments, des transports et des processus industriels, et stopper la déforestation. Pour arriver à maintenir le cap des 2°C, chaque pays va devoir annoncer d'ici mi-2015 «sa contribution nationale» à l'effort global.

A Lima, la nature de ces contributions devra être arrêtée: réduction des émissions de gaz à effet de serre en valeur absolue, par habitant, par unité de PIB, par secteur d'activité... Les pays en développement défendent aussi l'idée que les contributions des pays riches doivent inclure des engagements financiers pour soutenir leurs actions de réduction des gaz à effet de serre et leur adaptation aux risques liés au changement climatique.