Salon de l’emballage: Quand l’innovation doit prendre en compte l’environnement

ENVIRONNEMENT Le salon de l’emballage se tient du 17 au 20 novembre au Parc des expositions Paris-Nord Villepinte…

Romain Lescurieux

— 

Un Français jette en moyenne 20 kg de nourriture par an, dont 7 kg de produits encore sous emballage. Une dépense inutile de 400 euros par an et par ménage.
Un Français jette en moyenne 20 kg de nourriture par an, dont 7 kg de produits encore sous emballage. Une dépense inutile de 400 euros par an et par ménage. — Jean-Michel Andre AFP

Nouveaux films rétractables, ouvertures sans opercules, emballages 100% recyclables…Le salon de l’emballage s’est ouvert ce lundi au Parc des expositions Paris-Nord Villepinte sur fond d’innovations motivées par l’écologie et le développement durable.

«Toutes les nouveautés en matière d’emballage respectent la règle des 3E: Ergonomie, économie, écologie», assure Annette Freidinger-Legay, experte internationale en emballage et consultante au salon. Et le défi est de taille. «Le consommateur demande toujours plus d’emballage individuel. Nous devons donc arriver à diminuer la quantité de matériaux nécessaires pour fabriquer toujours autant de produits», ajoute-t-elle. Et ce, avec tout un arsenal de techniques.

«Les fabricants ne rajoutent jamais de matière»

«Désormais, tout est éco-conçu et en phase avec la protection de l’environnement. Pour réduire les déchets de nos emballages, les fabricants travaillent sur les dimensions, le poids, sans jamais ajouter de matière qui pourrait nuire à l’écologie», poursuit Annette Freidinger-Legay. Ainsi, l’emballage est conçu en se basant sur les analyses de cycle de vie pour «éviter une pollution involontaire» et de plus en plus à partir de matières recyclées ou végétales. «Notamment en ce qui concerne les bouteilles pour éviter le recours à la pétrochimie», note la spécialiste.

Présenté au salon, le r100%tm est par exemple une nouvelle génération de films rétractables intégrant 100% de matière recyclée. L’utilisation de granulés spécialement recyclés permet de réduire les émissions de CO2 de 60% et de conserver la transparence du film. Dans ce sens, de nombreux autres produits sont présentés lors de ce salon, avec un autre défi qui agite le monde de l’emballage: les sacs plastiques.

Sac en amidon: la solution?

En effet, dès le 1er janvier 2016, les sacs plastiques non réutilisables seront interdits, à l’exception des sacs compostables (compostage domestique) et biosourcés pour l’emballage alimentaire.  

>> Journée mondiale sans sac plastique: Ségolène Royal réaffirme ses engagements

Le 3 juillet dernier, à l’occasion de la journée mondiale sans sac plastique la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royal, avait réaffirmé sa position concernant la fin des sacs plastiques  «Des actions ont déjà été mises en œuvre en France pour permettre une forte réduction des sacs de caisse distribués dans les grandes surfaces alimentaires passant de 10 milliards à 700 millions en moins de dix ans», a déclaré la ministre. Et les efforts doivent s’accentuer, notamment avec l’introduction en masse du sac en amidon.

Mais pour Annette Freidinger-Legay, ce sac a de nombreuses limites. «C’est 20 à 25% plus cher qu’un sac plastique, c’est moins résistant et les réserves naturelles pour le produire en nombre sont actuellement insuffisantes», mentionne-t-elle. «De plus, nous n’avons pas encore de filière de compostage industriel pour utiliser à bien les sacs biodégradables», ajoute la spécialiste, pour qui la meilleure solution reste «le sac consigné ou le sac papier en carton».