Accidents ou provocations, les drones ne sont pas toujours inoffensifs

SECURITE Les drones peuvent tomber, entrer en collision avec des avions ou être utilisés à des fins terroristes...  

Audrey Chauvet

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Un drone équipé d'une caméra HD.
Un drone équipé d'une caméra HD. — XAVIER FRANCOLON/SIPA

La menace vient du ciel: les drones qui survolent actuellement les centrales nucléaires françaises ne sont pas les premiers engins volants à mettre les autorités en alerte. Largement répandus dans le civil et pour le loisir, les drones pourraient poser des problèmes de sécurité qui justifieraient un renforcement de la réglementation sur leur usage.

Les drones nous tombent sur la tête

La législation française impose déjà aux pilotes de drones d’obtenir une autorisation préfectorale délivrée après avis de la Direction régionale de l’aviation civile pour survoler les agglomérations. Un jeune homme de 18 ans a ainsi été convoqué en janvier devant un tribunal pour avoir fait voler son drone, auquel était fixée une caméra GoPro, au-dessus de Nancy. Même si son but n’était que de faire de belles images de sa ville. Même punition pour un touriste israélien qui avait, début octobre, décidé d’immortaliser sa visite de Paris avec une caméra fixée à un drone: sans autorisation, le vol de son engin au-dessus de l’île de la Cité lui a coûté une amende de 400 euros.

La réglementation française vise ainsi à protéger «la vie privée» en interdisant aux drones de filmer des images sans autorisation. Mais au-delà du respect de la vie privée, les drones peuvent aussi poser des problèmes de sécurité. Ainsi, en mai dernier, un drone a frôlé un avion de la compagnie US Airways dans le ciel de Floride, à 700 mètres d’altitude. Grosse frayeur pour le pilote, qui a évité de justesse la collision. En avril, c’était en Australie qu’un drone provoquait un accident lors d’un triathlon: l’appareil qui filmait la course est tombé sur une des coureuses qui s’en est sortie avec quelques blessures à la tête.

A deux mètres d’Angela Merkel

Les drones peuvent aussi se mettre au service de mauvaises intentions. Le 14 octobre, un drone portant un drapeau de la «Grande Albanie» survolait le stade où se jouait le match de qualification pour l’Euro 2016 entre la Serbie et l’Albanie. Incident diplomatique entre les deux pays, qui s’est soldé par une bagarre générale sur le terrain entre les supporters. D’après les autorités serbes, ce serait le frère du premier ministre albanais qui pilotait le drone depuis les tribunes. «Imaginez qu'un drone vienne sur le terrain et qu'il y ait une bombe au lieu d'un drapeau», s’était alors ému Michel Platini.

Ce sont précisément ces risques d’attaque qu’a voulu dénoncer le Parti pirate allemand en septembre 2013: ses militants avaient fait atterrir un drone à deux mètres de la chancelière Angela Merkel durant un meeting. «Le but était de faire comprendre à la chancelière et au ministre de la Défense ce que l'on ressent quand on est soi-même observé par un drone», avait alors expliqué Markus Barenhoff, vice-président du Parti pirate. Et de donner quelques sueurs froides à ses agents de sécurité qui ont dû se féliciter que le drone ne transporte qu’un appareil photo.