Déchets nucléaires: Areva veut pouvoir en entreposer beaucoup plus

NUCLEAIRE Le groupe souhaite accroître ses capacités d'entreposage de plus de 70%...

20 Minutes avec AFP

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Illustration Areva.
Illustration Areva. — Kenzo Tribouillard afp.com

Areva veut augmenter de plus de 70% ses capacités d'entreposage des déchets nucléaires ultimes, a-t-on appris vendredi dans un rapport officiel concernant l'usine de Beaumont-Hague (Manche) où les déchets issus de la production électrique française attendent que leur sort définitif soit tranché.

«Le projet présenté par Areva (...) consiste, au sein de l'installation nucléaire de base (INB) 116, à doubler les capacités d'entreposage de conteneurs de déchets, dont la plupart sont des déchets vitrifiés de haute activité à vie longue, présentant un rayonnement important», écrit l'autorité environnementale, rattachée au ministère du développement durable, dans un rapport issu de l'examen de ce projet le 10 septembre.

L'usine de retraitement des déchets nucléaires, située à Beaumont-Hague (Manche), compte deux INB d'entreposage de ces déchets ultimes, l'INB 116, d'une capacité actuelle de 12.348 conteneurs, et l'INB 117 d'une capacité de 4.500 conteneurs, selon le rapport. L'augmentation de la capacité globale de stockage, si on inclut les deux INB, serait donc de 73%.

En octobre, Areva avait déjà annoncé avoir augmenté de 30 à 35% sa capacité d'entreposage

L'usine de la Hague, dont les entrepôts autorisés actuels seront pleins fin 2017, réceptionne tous les combustibles irradiés dans les centrales nucléaires françaises pour produire de l'électricité, afin de les «retraiter». Selon Areva, elle en extrait 96% de matière réutilisable et 4% de déchets ultimes qu'elle vitrifie et entrepose dans les deux INB en attendant de connaître leur destination finale en cours de réflexion.

En octobre 2013, Areva avait déjà annoncé avoir augmenté de 30 à 35% sa capacité d'entreposage, en passant de 12.000 à 16.000 conteneurs possibles environ. Elle inaugurait alors un nouveau hall de stockage qui est pour moitié en cours d'exploitation.

La nouvelle augmentation de capacité demandée vise à lui permettre d'être autorisée à exploiter la seconde moitié de ce nouveau hall, dont Areva a besoin pour 2018, et à pouvoir remplir éventuellement un autre hall de taille comparable à celui inauguré en 2013 mais qui n'est pas encore construit.

Cette augmentation passe par un décret actuellement en préparation. Mais avant sa parution, l'autorité environnementale (Ae) donne son avis. L'Ae a jugé «de bonne qualité» le dossier d'Areva mais l'entreprise doit encore «compléter l'étude d'impact par une analyse des impacts indirects principalement du fait qu'une période d'exploitation qui devrait dépasser un siècle».